Blog Post Image: <strong>Andrea Gregori</strong> – <em>Rilievi / Reliefs</em>

Andrea Gregori - Rilievi / Reliefs

Andrea GregoriRilievi / Reliefs

Photographie | Allemagne

Andrea Gregori photographie des détails de graffitis, de conteneurs
rouillés, des « objets trouvés » le long de la rue. Ça pourrait être une
documentation sur la poésie cachée des choses écartées de la ville, mais ces sujets sont pour lui suggestion puisque tels la matière brute, ils s’avèrent le point de départ d’une exploration plus profonde sur le potentiel de créativité qu’ils recèlent et sont capables de susciter dans la fantaisie de l’observateur.
« Interprétés » et transformés par diverses techniques spéciales
d’impression sur des papiers aux propriétés tactiles très prononcées ou rendus soyeux et presque suspendus dans l’air par leur implication dans un espace imaginaire en trois dimensions, ils sont imprimés sur des feuilles lenticulaires. Ce travail de transformation est une étape, une possible réalisation, dans un cadre -de conception- plus général de manipulation, qui comprend comme autres possibilités d’expression, la vidéo.
De la série des Rilievi/Reliefs, l’exposition réunit cinq tableaux et une empreinte à la gomme bichromatée.
Empreintes 3D, les Rilievi naissent du travail opéré sur des photos de
détails d’affiches, graffitis, panneaux publicitaires et de signalisation…, dont est creusée la spatialité originaire, souvent inexistante du référent. Cette profondeur complètement inventée est obtenue
en travaillant à l’aide d’un ordinateur une séquence de perspectives
virtuelles, imprimées avec la technique des feuilles lenticulaires, afin d’offrir une vision stéréoscopique à l’œil nu. En s’approchant des tableaux, l’on reste de plus en plus surpris et déconcerté, en découvrant que les
signes presque abstraits vus de loin se transforment en objets dont le
formes ne correspondent pas à celles que l’on pourrait s’imaginer en
cherchant à les interpréter selon les règles d’une reproduction fidèle à la
réalité des objets photographiés.
À l’autre extrémité du point de vue technique mais en gardant ce projet d’abstraction et de dénaturation de l’objet photographié, et ce, cette fois
par la technique d’impression, une empreinte à la gomme bichromatée sur papier fait à la main en coton du Tibet. Cette technique d’impression
artisanale parmi les pigments de l’aquarelle ouvre de belles possibilités de coloration. L’option du pigment doré et d’un carton très épais contribue à transformer l’empreinte en un objet en trois dimensions qui vit dans
l’espace une existence autonome, la photographie des brins de papier d’une affiche déchirée devenant secondaire. Ainsi, elle-aussi devienne-t-elle un Relief par ses processus différents de ceux des empreintes 3D.