Blog Post Image: <strong>Johanna Vaude</strong> – <em>Western wind – I trust my feelings</em>

Johanna Vaude - Western wind - I trust my feelings

Johanna VaudeWestern wind – I trust my feelings

Projection | 05:28 | France

Ce film-portrait qui cueille des images de films absolument divers dans l’écriture, le projet, le réalisateur, forme une image personnelle de la jeune femme au-delà de ses rôles. Johanna Vaude la façonne avec ses « personnes/persona le masque du théâtre latin », puisqu’y sourd une personnalité toujours en train de se faire selon ses décisions y compris de rôles et de films. Le titre préfère évoquer un poème de la Renaissance anglaise, chanté par l’artiste dans Deux soeurs pour un roi de Justin Chadwick.

Elle ne privilégie pas l’intrigue de ce film historique qui revenant dans l’Angleterre pré-élisabéthaine, oppose Marie et Anne Boleyn pour l’amour du roi, mais des paroles de regret d’être abandonnée pour une autre, de surcroît sa sœur. En incipit, cette tristesse tendre accompagne la ligne musicale jusqu’à sa variation provoquée par le passage de films en costumes aux contemporains et futuristes. Elle ouvre la découverte de la femme mais seulement dans l’entr’aperçu d’ouvertures à l’iris modifiées par des éclats de couleur, dans ces feux d’artifices retenus d’abord, plus vifs ensuite puis remplacés par des plans précis de villes où déambuler, où courir, où détruire, ou de scènes d’amour du bucolique au torride.

Autant d’indices de l’audace de Scarlett Johansson à passer de films d’auteur de Nolan à Allen aux blockbusters avec arme au poing, de rappels historiques de Marie Boleyn ou du modèle à la perle d’un Vermeer romancé… de jeune fille émue aux vamps se dénudant, aux œillades incendiaires et au sourire félin de justicière. Johanne dessine ce parcours, cette modulation d’actrice et ce sont, outre les feux d’artifice qui multiplient le visage dans le même champ, des fondus qui le transposent d’un champ à l’autre et un fondu au blanc final qui lui ouvre les champs / films à venir alors que souvent son œil en très gros plan ou adressé en effet de hors cadre, atteste de son intelligence du jeu.