Blog Post Image: <strong>Caroline Benech</strong> – <em>DXB</em>

Caroline Benech - DXB

Caroline BenechDXB

Projection | 06:40 | France

Le sentiment d’errance qui se dessine dans cette oeuvre évoque celui qui naît lorsque l’on se laisse transporter en contemplant indéfiniment un paysage qui défile.
La source première de cette vidéo vient d’une série de photographies que Caroline Bénech a réalisée lors d’un voyage dans les villes nouvelles du Moyen Orient, en 2007. Empruntant les voies surdimensionnées qui passent entre les architectures pharaoniques, l’artiste a également enregistré une sensation d’irréalité et de vertige.
Ce souvenir, ainsi que les échantillons photographiques associés, ont reposé près d’une dizaine d’années avant d’être monté en un paysage virtuel en 3 dimensions.
Grâce à la possibilité de mouvement, de profondeur et de temporalité de la vidéo, les
sensations du souvenir vécu sont restituées.
En un mouvement continu, l’on glisse à travers un espace de photographies de l’artère centrale de Dubaï, Sheikh Zayed Road. Etirées pour couvrir les surfaces,
les photographies découvrent une apparente perte de résolution lorsque la caméra s’en rapproche.
Façades et ornements sont transformés en monolithes aux faces plates. Une dématérialisation destructive qui les réduit à un ensemble de pixels abstraits. Des reflets glissent sur une surface lisse, plane et liquide à la fois, comme une nappe d’or noir. Ainsi déformée et reformée,
l’image de la réalité devient surréelle, comme l’évocation fictive d’un paysage ou l’étrange réminiscence d’une rêverie.
La régularité jusqu’au mécanique du mouvement instaure une sensation de défilement infini. Il entraîne vers un ailleurs toujours plus loin, vers un paysage qui se reconstruit sans cesse.
L’horizon vertical, induit par le renversement du point de vue, participe au sentiment d’étrangeté et de désorientation. L’oeil se trouve difficilement capable de déterminer si le mouvement se poursuit vers l’avant, vers l’arrière, ou dans les deux sens simultanément. Par ce basculement des repères, l’on s’abstrait de la notion de paysage et on se laisse immerger dans le mouvement des
plans qui se fondent les uns dans les autres.
La bande son se nourrit d’enregistrements de machines de pompage de pétrole, superposés et manipulés numériquement. Transformés en résonances musicales, les sons amplifient la
perception surréelle et troublante de cet espace vidéographique.