Blog Post Image: <strong>Blanca Gimenez</strong> – <em>Threshold</em>

Blanca Gimenez - Threshold

Blanca GimenezThreshold

Projection | 01:20 | Espagne

Threshold: seuil, pas de porte limite ; il faut au moins ces trois traductions pour faire écho à ce film qui prend, reprend, lance et relance, l’entrée d’un jeune homme dans un immeuble.
Film sériel, il suit la musique électronique Movement 2a : Materialism de Welcome Wizard dont le minimalisme combine des sons aigus, des raclements en une rythmique circulaire.
Le plan subit des variations, quand un zoom interne exclut la rue ainsi que les autres passants logeant un immeuble de briques de couleurs, quand se superposent des formes blanches peu discernables sur fond rouge, quand des verticales raient le champ, quand un voila jaune le teinte.
Le seuil est ainsi différemment franchi puisque la notion de plan fixe est mise en péril ; le lieu du plan n ‘est plus unique, le processus de manipulation sur la pellicule lui ouvre ce dépassement du réalisme. Le mouvement cinématographique c’est aussi du temps, qui, lui aussi, échappe aux critères du quotidien. Le retour en arrière entraînant le retour du même, le ralenti fait du pas d’entrée un saut, la reprise du geste le transforme en extraordinaire comportement.
Ce ballet filmique se joue sur un fragment de 16mm retrouvé, que Blanca Gimenez a rayé et peint. Cette déconstruction du référentiel se poursuit par l’insertion de plans très rapides de rues d’une grande ville française, avec mobilier urbain, voitures, enseignes publicitaires. Autre lieu, autres composants, autre support, le seuil n’est pas seulement celui d’une demeure mais celui d’un médium…