Blog Post Image: <strong>Martin KUKAL</strong> – <em>The Potato Eaters</em>

Martin KUKAL  - The Potato Eaters

Martin KUKALThe Potato Eaters

Installation | 04:00 | République Tchèque

The Potato Eaters, quatre minutes qui font sourire Van Gogh. Le film se fait l’écho juste et en affection, d’une des variations de 1885, des cultivateurs de pommes de terre, ainsi que le reconnaît son titre. Et son noir et blanc, changeant selon la rondeur, la vigueur, la vitesse du trait se souvient de la palette ocre et terre de Sienne, cobalt, noir vermillon et de l’esprit d’un « Van Gogh, l’artiste qui marchait sur les terres du Brabant » porté par le projet d’une version morale de l’art ; ce qu’il expliquait à Théo son frère. « Faire en sorte qu’on ait l’idée que ces petites gens, qui, à la clarté de leur lampe, mangent leurs pommes de terre en puisant à même le plat avec les mains, ont elles-mêmes bêché la terre où les patates ont poussé ». Touche, hachure, couche, coup de pinceau, tache, point, virgule, touche en frise, s’enroulent dans la peinture et dans le dessin animé ; le matériau faisait son empreinte, la touche animée elle-aussi devient flammèche. L’animation retient cette force du trait qui scintille en formant / suivant les activités des paysans. Ils produisent la pomme de terre, la cuisent, la mangent. Les animaux bêlent ou paissent ainsi la vache adressant son regard au passant. Tous les éléments participent à leur être ; de leur travail n’est pas retenue la rudesse mais la noblesse de leur production : l’humilité est la qua- lité reconnue, mieux emblématisée. Et ils sourient, ils le peuvent dans l’animation qui meut leur visage et leurs traits… ils sourient de leur repas ensemble, ils sourient en accueillant celui que le plan subjectif ré- current à travers les herbes, sur la route caillouteuse, près de la porte faisait attendre le peintre en autoportrait lui-aussi heureusement souriant.