Blog Post Image: <strong>Andrea Gregori</strong> – <em>Toccata</em>

Andrea Gregori - Toccata

Andrea GregoriToccata

Performance | Allemagne

Une séquence de cinq notes continues longuement est le fondement d’une partition qui conduit à une sorte d’hypnose musicale – incidemment, ces notes sont les mêmes que celles de l’échelle musicale orientale pentatonique.

Plus encore, Frescobaldi, maître révolutionnaire de la musique expérimentale sur clavier de son temps, construit un monde musical de consonances, dissonances, accords et passages virtuoses de tout type.

En quelques mots, un pur monde baroque fantasmagorique, dans lequel le mouvement du discours musical joué par les mains s’oppose à la fixité incantatoire de longues notes tenues sur les pédales de l’orgue. Tout s’amorce et se clôt avec la long sol tenu en écho au schéma de la musique traditionnelle indienne – qui, par ex, débute sur un long et soutenu solo de voix. Dans une simplicité primordiale, quasi mystique, cela s’entend ainsi que l’aurore d’un nouveau monde.

Cela commence dans les ténèbres ; une brume bleue se lève alors que résonne la première longue pédale. Au-dessus du premier accord, apparaît un disque : soleil, lune, planète qui sait- il s’élève en intensité. La musique progresse au-dessus d’autres notes, d’autres formes émergent, en un monde extraterrestre où d’intenses – presque pures – couleurs ancestrales dominent dans l’apogée d’intensité émotionnelle, marquée par une progression hiératique presque statique, changeant lentement les bas-côtés/ les coulisses. Vers la coda, le disque s’amplifie, reflétant la musique à l’intensité crescendo dans la cadence finale, une radiante et péremptoire affirmation de la note – mais pas de l’accord- sur laquelle tout a commencé.
Et ce, puisque Toccata rassemble les Ombres Errantes, vidéo à apprécier en 3D, en une performance au clavecin par son réalisateur lui-même.