Blog Post Image: <strong>Cristina Pavesi</strong> – <em>Still alive #1</em>

Cristina Pavesi - Still alive #1

Cristina PavesiStill alive #1

Installation | 02:00 | Italie

Un vent surréel frappe un bouquet de fleurs, d’improbables vibrations défont la règle d’immobilité de la « vie immobile », suggérant un sens d’attente anxieuse.

Une nature morte qui ne le sera jamais parce que vibrante sur la minute vidéo qui invite à la revoir, encore et encore.
Des roses blanches, beiges, roses, noires… ouvertes comme des renoncules, ou plus ou moins épanouies presqu’à la tombée des pétales qui, jamais, ne s’opère. Ces fleurs occupent le champ sur un fond noir qui efface tout projet ornemental alors que l’espace est porté par la musique tout aussi frissonnante de Khryzaliis, au nom fort adéquat, puisque l’état d’insecte en formation ne réclame que de s’ouvrir pour sa vie éphémère.
En un plan fort équilibré, des grappes de raisin offrent un noir profond posé sur le vert en contraste des feuilles vertes et d’une ou deux vrilles… simplicité absolue, mais une ombre-travelling obscurcit l’ensemble jusqu’à le faire disparaître et le faire réapparaître. Le passage retrouve les raisins dans sa lumière.
Ainsi des fleurs éphémères, une partition minimaliste, un seul plan fixe mais que de mouvements, que de connotations pour la fleur amoureuse… ainsi un raisin plus robuste qui passe de la brillance à l’invisibilité selon la lumière.
Les deux tableaux vidéographiques forcent à oublier le syntagme italien qui traduirait “still life” : oggetti di ferma / objets sans mouvement et à rappeler que si still peut se lire comme calme, il le peut aussi comme “encore/ toujours”. Au-delà de la Vanitas vanitatis de L’Ecclésiaste qui assène à l’homme qu’il est mortel et qu’il ne lui faut pas “s’attacher à ce qui passe si vite et (de) ne pas se hâter vers les joies de ce qui ne finit point”, pourquoi ne pas revenir à cette autre assertion du même livre : “L’œil n’est pas rassasié de ce qu’il voit ni l’oreille remplie de ce qu’elle entend”, ce qui peut se comprendre comme un appel à voir et à voir encore.