Blog Post Image: <strong>Moussa Sarr</strong> – <em>Versus</em>

Moussa Sarr - Versus

Moussa SarrVersus

Projection | 00:35 | France

Moussa Sarr s’autoportraiture dans des postures dérangeantes sans jamais se départir de l’auto-ironie ; il est totalement conscient qu’il tient le rôle qu’il se donne, celui d’obliger à penser, à revenir sur ces clichés qui font appréhender le monde et le conserve tel qu’il est. Homme noir, il jette les préjugés qu’on lui porte : singe en rut, homme menotté…
Cette fois pourtant, avec la toujours même efficacité, il brise le miroir de ce reflet, de cette image qu’il a contribué à diffuser. Le dispositif allie une fronde – de celle des enfants turbulents d’autrefois, de celle de chasseurs de forêts à une caméra et à un miroir. Moussa acte lui-même ce qui s’apparente à une performance ; il tend l’élastique et tient le projectile à pointe blanche ; une caméra est attachée à la main qui tient celle-là ; dans l’objectif se distingue le miroir qui enchâsse cette posture.
35 secondes, la fronde est “activée”, un bris de la glace envahit le noir iconique. 35 secondes pour le suicide de cette image qui, en intégrant l’acte assure simultanément l’éternel retour de ce versus, en accord avec l’étymologie du versus titrologique. Celui-ci correspond à la conjonction latine pour “en face de”
puisque Moussa vise l’image de Moussa. Simultanément, il oppose l’image du reflet en accord avec l’évolution du terme, désormais – certes le plus souvent en abréviation vs- versus opère l’opposition de deux parties, de deux propositions, du type vrai vs faux. Moussa Sarr, cependant, se joue encore de nous car c’est l’image vidéo qui vise le reflet de l’image vidéo… lui pourra continuer à jouer avec l’image et de nous.