Blog Post Image: <strong>Sylvie Denet</strong> – <em>Le doigt dans l’eau / Vent debout</em>

Sylvie Denet - Le doigt dans l'eau / Vent debout

Sylvie DenetLe doigt dans l’eau / Vent debout

Dans le cadre de l’Atelier Cinéma – Comment ça se fait l’expérimental ? | Projection | France

Des histoires des plus courtes se condensent autour de gestes faits par des hommes successifs, dans l’eau ou en sortant de l’eau. Rien ne localise leur comportement, car le rien règne, tant que le dessin ne déclenche pas l’eau, l’air, le corps. Ainsi un jeune homme en costume penché sur le rien, le transforme en eau qui produit son bruit typique dès qu’il y remue la main. Il tombe et se dilue, le blanc domine. Blanc sans image et sans raison. La tête chauve d’un homme surgit de l’eau, s’y renfonce, en ressort, crache l’eau qui, en gouttelettes, l’annule. Le corps réel est le reflet du corps, s’il plonge en celui-ci, il disparaît. Blanc sans image et sans raison et autre mouvement comme on dit en musique, un homme, lui aussi en costume, avance difficilement dans l’eau, jusqu’à en sortir, suivi d’une petite ombre animalcule; il s’en échappe, il s’envole, se renverse en légère voltige, elle, devient nuage. La concision efficace, le dessin habile et le tour est joué par qui mesure la potentialité de l’animation. Un trait donne existence à la figure, plusieurs traits la dissolvent. Un monde se forme autour d’un homme, d’une main, sans nécessité de composants autres. Le blanc du fond suffit à son déplacement. Il devient bleu au simple toucher des mains du plongeur. Les éléments – dont le feu ne se peut, là – ne se distinguent plus.
Le mouvement de l’homme modifie ce qu’il touche, ce qui le touche; preuve de l’interrelation de l’homme et de son alentour. Lui n’est pas totalement ni toujours maître mais l’alentour n’existe que par lui ou inversement. Leçon d’être sans un mot, indissociable de la main de l’artiste qui FAIT son dessin, dessinant ce qui la touche.