Blog Post Image: <strong>Gérard Cairaschi</strong> – <em>Immagine</em>

Gérard Cairaschi - Immagine

Gérard CairaschiImmagine

Installation | 9:00 | France

Immagine le double « m » d’image en italien, le lé d’une gravure de Dürer : Adam et Eve et le serpent et la musique américaine de Tony Conrad pourraient induire à penser à un reniement des fondamentaux de Gérard Cairaschi si Conrad n’était lui-même expérimental y compris en films comme Fliker – titre métonymique de la démarche de Gérard Cairaschi y compris dans ce film – si cette musique dite « drone » en privilégiant la reprise des sons maintenus, les longues plages ici de tambour avec de rares variations harmoniques ne provoquait pas un effet hypnotique tout autant que les élans vocaux qu’affectionne l’œuvre de Cairaschi. L’entrelacement de la nature – arbre et mer – avec le visage et les mains s’y consent en un noir et blanc plus inattendu mais écho de la gravure matrice, jusqu’à ce que s’accélérant, il emporte vers la couleur d’un vert brillant d’où se détache LA pomme lui-sante. Les flots en houle circonscrivent tumultueusement un rocher ; le tronc d’arbre noueux et tordu mime les méandres du serpent… sans jamais succomber à la facile analogie. De la tentation, la main imite le geste ou varie sa position en écho à divers postures codées de l’iconographie religieuse ou en approches amoureuses : elle se lève, orante, doigt levé, elle se penche pour saisir en Pieta le bras de l’autre, elle se courbe en coquille retenue par l’autre, elle s’approche pour enfermer l’autre ou le visage en enlacement. La jeune fille à la beauté assurée darde en tentatrice, un regard adressé un si léger sourire se dessinant et la position de son visage se faisant plus frontale… pas de crainte d’un péché, d’un manquement, le visage est enjôleur, le fliker est ravissant au double sens du terme.