Blog Post Image: <strong>Stefan Davix</strong> – <em>-30°</em>

Stefan Davix - -30°

Stefan Davix-30°

Projection | 06:00 | Suisse

Où est reconnue la machine de montage, où se déroule un western, en sage retour au filmographique lié au travail, à la pratique. L’image revient à ce qu’elle est ; artefact modelable et modulable. -30° sans qu’aucune explication ne lui impose et ne nous impose sa reconnaissance de composition mais que se marque la distance d’avec l’image mimétique. Des bribes narratives parfois réduites à un plan actif comme celui de la préparation du repas dans une cuisine année 50, ou un tiroir tiré à la morgue par un homme en blouse blanche rejoint par un autre ; à deux ou trois plans comme la chute dans le précipice d’une voiture, ou plus long, emprunté au western canonique, et la déambulation devant les chariots arrêtés d’une jeune fille. Sans lien si ce n’est leur origine filmique, ils deviennent le fonds de ce film-ci qui insère son amorce en son corps même. Non pour inventer une histoire mais pour preuve de la nouvelle malléabilité par le truchement technologique. Apparition, disparition, transformation, déplacement, ubiquité, doublement voire quadruplement… loin de produire l’illusion du continuum diégétique, deviennent matériau, ils disent l’expérimental. Ils l’avèrent et à cœur joie, se répètent, se disloquent, se font rayer avec ou sans trace de peinture, de sillage à la verticale selon le long déroulé de la pellicule, ou en face-à-face avec eux-mêmes alternés avec les autres : voiture/femme ou avec eux-mêmes en variation : dupliquée en quatre la voiture – comme la femme à la cuisine – est dirigée selon quatre axes. La perturbation du désir de narrativité est plus encore aiguisée par le tremblotement des figures même si la musique fait aussi des échappées vers la BO de genre.