FRANÇAIS (ENGLISH BELOW)

APPEL À PROJETS 2027 : 30 ans, toujours en cours ou à court d’œuvres ?

Date limite : 15 octobre 2026

Formulaires de candidature (FR)

«Nous entrons et n’entrons pas dans les mêmes fleuves, nous sommes et ne sommes pas.» Héraclite ; sinon notre modèle, la pensée rayonnante, image avant la lettre, de l’œuvre expérimentale. Platon la rapporte dans le Cratyle «Héraclite dit que tout passe et rien ne demeure ; et, comparant les choses au courant d’un fleuve, il ajoute que tu ne saurais entrer deux fois dans le même fleuve. »
Cela convient à l’approche toujours en changement de celui/celle qui fait art expérimental et de celle/celui qui l’aborde, la reçoit. « Je est toujours un autre. »
Nous pourrions, ne pourrions pas énumérer – car si nombreux – les 2119 artistes dont certains parmi les grands inventeurs en expérimental, eux qui ont drainé des émules et parallèlement, ont fait d’une idée folle d’une professeure en audiovisuel, idée portée par le désir de partage, une réalité moirée qui dure 30 ans après. Le projet de faire vibrer l’émoi et le cerveau devant des OAVNI – objets audiovisuels non identifiés – quand alentour, le paysage culturel n’ouvrait pas encore à l’expérimental et qu’il y avait urgence de le faire découvrir.
La première en 1997, en une après-midi depuis l’auditorium du Lycée des Arènes dont une ou deux salles tentaient l’installation et les couloirs, la photographie différente, accueillait en visioconférence depuis la Suède, Magnus Wallin, qui interroge les normes et la tentative d’exclure le dissemblable et si cela concerne les corps, cela approche aussi une caractéristique de l’expérimental, le décalage, la défense de la différence dont d’emblée, celle de l’écriture, des médiums avec le grand écart de la pellicule, de l’écocinéma à l’IA quand il n’abandonne pas « les figurations accidentelles » et la trace d’une singularité d’auteur/e.
La 29e édition a conquis une treizaine de lieux, a entraîné ses publics en un marathon de cinq jours pour quelque 147 films, avec 53 artistes de nombreux pays. Elle a accueilli plus encore les divers « visages » de cette inclinaison en art toujours en quête au-delà de transformations, d’inouïs.
Cependant, la tendance de Traverse Vidéo l’incite à lier l’expérimental des œuvres avec l’expérience des publics aficionados, en demande ou en recherche devant ce qui est entre, au-delà de l’image coutumière. En plaisir de découvrir l’expérimental qui met en question cela même qu’il pratique, les conditions mêmes de ses pratiques, qui se construit au fur et à mesure, à force d’incertitudes, dans un temps à venir mais en co-naissance avec ce qui a eu lieu. L’écocinéma emprunte les préoccupations du cinéma élargi, la performance aime se transformer en happening dans la conscience aiguë des publics. L’expérimental comme art in imbalance / art en déséquilibre, sa subversion – pour plagier André Breton – demeurant le grand réservoir de forces neuves.
Les essais, œuvres, propositions de performances, les photographies et les installations proposés se devront à cette obliquité de l’expérimental. Les œuvres ne seront pas des slogans mais feront confiance au médium retenu. La performance ne sera pas une saynète, ni un concert organisé mais gardera la place de « jamais le même ».
Et faut-il, puisque trente ans déjà, citer encore ce qui nous fait être et nous induit à poursuivre avec les vents et la marée, cette manifestation de mars :
« Ne perdez jamais aucune occasion d’expérimenter ; sans expérimentation, le cinéma perd toute valeur ; sans expérimentation, le cinéma cesse d’exister » – Cavalcanti ; À vous d’adjoindre à « cinéma » les autres formes d’expression de l’expérimental.

 

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ENGLISH

2027 OPEN CALL FOR PROJECTS: 30 years, still flowing or short of artworks?

Deadline: October 15, 2026

Application forms (EN)

“We step into and do not step into the same rivers; we are and are not.” Heraclitus ; if not our model, then the radiant thought, a precursor to the experimental work. Plato recounts this in the Cratylus: “Heraclitus says that everything flows and nothing remains; and, comparing things to the current of a river, he adds that you cannot step into the same river twice.”
This suits the ever-changing approach of the one who makes experimental art and of the one who engages with it, who receives it. “I is always an other.”
We could, or perhaps could not, list – for there are so many – the 2,119 artists, some of whom were among the great pioneers of experimental art, who inspired countless emulators and, at the same time, turned a crazy idea from an audiovisual professor – an idea driven by a desire to share – into a multifaceted reality that has continued for 30 years. The project aimed to stir the emotions and the mind with UAVOs – unidentified audiovisual objects – at a time when the cultural landscape was not yet open to the experimental and there was an urgent need to introduce it to the public.
The first took place in 1997, over the course of an afternoon in the auditorium of the Arènes Highschool – where one or two rooms were being set up and the hallways were filled with photography that was different – and featured a videoconference from Sweden with Magnus Wallin, who questions norms and the attempt to exclude the dissimilar; and while this concerns bodies, it also touches on a characteristic of the experimental – in shifting, in defense of difference – starting with that of writing and medium, spanning the wide gap from film, from eco-cinema to AI – when it does not abandon “accidental figurations” and the trace of an author’s singularity.
The 29th edition took over some thirteen venues, drawing audiences into a five-day marathon featuring some 147 films by 53 artists from numerous countries. It further embraced the diverse “faces” of this artistic inclination, which is always seeking to go beyond transformations and the unheard-of
However, Traverse Vidéo’s approach encourages it to link the experimental nature of the works with the experience of its aficionados audiences – those who are eager or searching for what lies between and beyond the conventional image. In the pleasure of discovering experimental art that questions the very practices it engages in – the very conditions of its existence – which takes shape gradually, through uncertainty, in a future yet to come but in co-knowledge with what has already occurred. Eco-cinema borrows the concerns of expanded cinema; performance loves to transform itself into a happening within the acute consciousness of the audiences. The experimental as art in imbalance, its subversion – to borrow from André Breton – remains the great reservoir of new forces.
The essays, artworks, performance proposals, photographs, and installations presented will be rooted in this oblique approach to the experimental. The works will not be slogans but will trust in the chosen medium. The performance will not be a skit or a staged concert but will retain its status as “never the same.”
And must we, since thirty years have already passed, still quote what defines us and drives us to carry on with the winds and the tide, this March event:
“Never miss an opportunity to experiment; without experimentation, cinema loses all value; without experimentation, cinema ceases to exist”— Cavalcanti; It is up to you to add to “cinema” the other forms of experimental expression.