Oreiller

Marie Vandendorpe Oreiller

Installation | France

Lunaria est le nom latin d’une plante rustique aux fruits en forme de disques blancs, ce qui a entraîné son appellation de « plante lunaire ».
L’imaginaire de la terre et de la lune porte ce travail, par l’implication des deux éléments : terre et air. L’élément terre connote la permanence, l’ancrage au sol, le poids à l’inverse de l’élément air lié à l’impermanence, au mouvement, à la légèreté.
Cependant, au-delà de cette dualité terre-air, Lunaria est portée par le désir de forger des liens entre eux : un lien entre les racines et les feuilles,entre l’ombre et la lumière, un passage de la mise en terre au surgissement dans le visible, de l’enracinement au sol à l’élévation. Une telle dynamique des contraires s’impose pour qu’advienne la naissance du mouvement. L’état de flottement ne serait-il pas état d’harmonie dans cette dynamique des contraires ? Il s’avère du moins état du devenir, à suivre le phénomène de la dissémination des graines au gré du vent dans la nature.
Par ailleurs, la lunaria se ressème toute seule. Éphémère et vivace, elle devient métaphore de la régénération entre les générations au fil du temps comme au fil de la vie.
Ce projet s’inspire de la transformation cyclique dans la nature. Les travaux empruntent à la nature sa matière vivante, organique ou végétale : poussière blanche de pollen, herbe de printemps, feuilles lunaires d’été, poudre de feuilles d’automne à la pigmentation de la terre. En installation, ces travaux produisent le sens de la durée, un temps organique. L’empreinte s’y lit comme une trace de ce processus temporel : impressions de graines germées sur papier de soie, pression du corps dansant dans la pâte à pain, compression du temps dans la matière de la tourbe. Par tâtonnement ces expérimentations avec la matière expriment la transformation souvent imperceptible à l’œil nu.

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