Blog Post Image: Objet rituel psychopompe rapiécé

Carl Hurtin Objet rituel psychopompe rapiécé

Le bateau doré produit par la Chapelle St Jacques en 2017 souffre à chaque transport. Il est possible de masquer ces souffrances, de les redorer. Je propose de les rapiécer et ainsi de décider qu’à chaque fois qu’il sera montré, des pièces nouvelles apparaissent à l’endroit des blessures. Cette proposition éloigne cet objet du sacré et le ramène à de l’humanité. Même l’éternité doit bien être une durée, la mort jamais tout à fait définitive, le fini doit avoir des franges et l’oubli quelques traînées de réminiscences.

Carl Hurtin invente des micros mondes plus chaleureux, plus propices aux rencontres, le plus souvent avec le petit, le dérisoire mais souvent avec la voix, première, cri ou chant. Il le fait en médiums multiples, cette fois en objet ni ready made ni totalement hors du réel, et souvent en collaboration avec des musiciens. Il s’y risque en une recherche critique sur l’autonomie de l’individu face à la consommation de masse qu’elle soit de marchandises, d’idées, de religions.
Dans certaines de ses performances il lit, parle voire chante et parfois entraîné à l’imiter selon divers protocoles. En effet, la voix, le chant, le souffle s’avèrent de fortes potentialités d’atteindre une liberté.

Il réinvente à chaque fois son utopie, ainsi avec les Unités Mobiles de Parc et Jardin en extérieur, friches, forêts ou proximité de voies de circulation. Au Réservoir, la friche est intérieure, les palans, les poutres métalliques restent lourds de présence, le bateau doré s’y confronte… transformant cet espace. Le mouvement reste inscrit dans le bateau arrêté et toutes les chances sont données à celui qui s’en approche, qui y recueille telle ou telle strate de sens.