… and clouds rose from their pockets

Dieter Beyelschmidt… and clouds rose from their pockets

Vidéo | 07:08 | Allemagne
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Lors d’un jogging de minuit, nous avons rencontré le sans-abri Pepé (en fait Pierre). En raison de ses rhumatismes, Pepé subit des sueurs fortes et nauséabondes lors de situations stressantes, ce qui l’a entraîné sur le chemin de l’isolement et de la perte et lui a valu le surnom de dessin animé « Pepé Le Pew ». Assis au fond d’un parc au sud de Cologne entre des objets délaissés du quotidien, avec en arrière-plan une maison illuminée et majestueuse, il nous a parlé de voix et de bruits dans ses oreilles et d’images survenues alors qu’il était seul la nuit. Encore et encore, il a touché une grande lampe, qu’il devait particulièrement affectionner : « j’aime ces lieux et ces objets, ils sont si proches de moi ». Pepé avait certainement dû recevoir une bonne éducation ; il parlait très vite comme s’il voulait dicter quelque chose. Il a dit : « je me souviens de tout, absolument de tout – des nuages s’élevaient de leurs poches » avant un mélange de citations et de métaphores, que clairement, il appréciait. On aurait dit qu’il voulait dissimuler des traces, mais en même temps transmettre – peut-être L’Allégorie de la Caverne qu’il croyait avoir intériorisée. En rappel, Socrate y explique à Glaucon le chemin de la pensée, chemin qui doit conduire du visible à l’invisible, tout en signalant les difficultés que rencontre le philosophe, en exprimant la vérité supérieure des idées aux incrédules pour rendre palpables, les « ténèbres » du concret à ceux qui y sont habitués. Il a demandé, courez-vous encore un tour – nous avons accepté. « A bientôt » nous dit-il. Cependant, nous ne l’avons pas retrouver – seuls les objets laissés dans leur solitude et leur désespoir, privés de leur fonction, restaient groupés au bord de la route dans leur propre sensualité.

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During a midnight jogging tour, we met the homeless Pepé (actually Pierre). Due to his rheumatic disease, Pepé got strong and foul-smelling sweats in stressful situations, which led him down the path of isolation and descent and earned him the nickname of the cartoon character ‘Pepé Le Pew’. He sat at the end of a park in the south of Cologne between parked everyday objects, in the background an adjoining, stately illuminated house and told us about voices and noises in his ears and his images while being alone at night. Again and again he touched a large lamp, which he must have taken a particularly fond of – I like these places and the objects, they’re so close to me, he said. Pepé had certainly had a good education ; he spoke very quickly, as if he wanted to dictate something. He said – I remember everything, absolutely everything – clouds rose from their pockets ; then followed a mix of quotations and metaphors, which he clearly enjoyed. It seemed as if he wanted to cover up traces, but at the same time to convey something – perhaps the ‘The Allegory of the Cave’ that he believed he had internalized. Let us remember : With the ‘allegory of the cave’, Socrates explains to Glaucon the path of thought, which has to lead from the visible to the invisible, and at the same time tries to point out the difficulties that the philosopher encounters, the higher truth of ideas to the unbelievers to make the ‘darkness’ of the concrete believable to people who are used to it. He asked, do you run another lap – we said yes. See you soon, he said. However, he was then no longer to be found – only the exposed objects in their loneliness and forlornness, deprived of their function, were still grouped by the roadside in their own sensuality.

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