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François Grandjacques 1M36

Vidéo | 01:06 | Toulouse, France

C’est à dire que là… je… en fait, j’étais bien au chaud, et puis bim, je suis entouré de? De quoi, c’est quoi ça? Je veux retourner dans le cocon, là où j’avais ma place! Pas dans ce truc hostile, tout vert. Et même si je replonge dans le lait profond, je n’y… je ne sais… je ne trouve plus ma place… C’est Aristophane qui avait raison, une fois coupé, détaché, séparé, arraché, plus jamais on ne retrouve sa place. En revanche, on apparaît. Démoulés, nous commençons a exister, désespérés.
Ce film participe à la série 1M. 79 films issus d’essais stricto sensu.

Au début, il n’y a rien, A l’instant zéro, rien n’existe.
Et puis cela commence, mais ce-là commence mal : un bout de rien, d’inexistant, est resté en arrière, a été oublié. Et en se détachant de l’inexistence, il y a fait un trou, qui nous permet de voir ce qui ne s’est pas encore passé, de voir l’existant pas encore existant, sous l’inexistant.
Ça n’est pas possible ! Il faut réagir !
Alors, « bout de rien » décide de réintégrer rien. Il va se battre, courir, tirer, pousser, il va même réussir à plonger dans l’inexistant, dans rien, pour se rendre compte qu’il a, en fait, plongé sous l’inexistant, dans l’existant à venir.
« Bout de rien » est voué a la tragédie, au désespoir éternel. Et il le sait. Quand le film se termine, que l’inexistant disparaît, il restera à tout jamais à cause de lui un trou, une part inconnue, dans le film. On ne connaîtra jamais tout l’existant.
Ceci dit, il semble rester pas mal de vide autour du film. « Bout de rien » a peut-être une chance de redevenir absent si on relit le film ?!

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