Blog Post Image: Rope

Katja Pratschke and Gusztáv Hámos Rope

Vidéo | 27:00 | Allemagne

Un homme se tenait debout sur un pont de chemin de fer dans le nord de l’Alabama, regardant en bas un ruisseau à trente mètres de profondeur. Mains derrière le dos, poignets liés par une corde. Une autre corde encerclait étroitement son cou, attachée quant à elle à une partie en croix et en bois du pont. Cela justifie le titre Rope – de cette adaptation de la nouvelle d’Ambrose Bierce, Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek.

Les technologies numériques ouvrent de nouvelles pistes pour l’exploration des caractéristiques et des particularités spécifiques des dimensions temporelles et spatiales or dans le cinéma, la temporalité géographique s’unit à la géologie ; si l’image stratigraphique se pose couche par couche, l’une sur l’autre, comme dans un tableau, un tel processus peut devenir visible de même dans l’image cinématographique. Ainsi superposée, couche par couche, l’image gagne l’illusion du mouvement.
Par ailleurs, l’axe du temps géologique est orthogonal, il s’étend verticalement dans la profondeur, n’étant pas lisible horizontalement comme l’écriture. Rope invite à comprendre la qualité stratigraphique de l’image filmique qu’il faut saisir dans sa profondeur !
Jouer avec le temps et l’espace élargit nos souvenirs, nos pouvoirs de mémoire tout en aiguisant notre sixième sens pour un cinéma du futur, un cinéma par lequel se conçoit et se structure consciemment le sens du mouvement de l’image.

A man stood upon a railroad bridge in northern Alabama, looking down into a creek thirty feet below. His hands were behind his back, the wrists bound with a cord. A rope tightly encircled his neck, attached in turn to a cross-timber of the bridge. Rope – A Reconstruction of Ambrose Bierce short story “An Occurrence at Owl Creek Bridge”.

Artist statement: With digital technologies, we are now able to explore the individual characteristics and peculiarities of the dimensions of time and space anew. In film, the geographic temporality is united with the geological. The stratigraphic image is placed layer by layer on each other, like in a painting. This process can be made visible filmically in a similar manner in the cinematographic image. By being placed over each other layer by layer, the illusion of movement is created. The geological time axis is orthogonal, it extends vertically into the depth and is not readable horizontally, like with writing. In our video Rope, we have attempted to comprehend the stratigraphic quality of the film image as something to be grasped in its depth! Playing with time and space expands our memories and powers of recall, and sharpens our “third sense” for a cinema of the future, one in which we consciously design and structure the meaning of movement in the image.