Par une pratique protéiforme, Nadine Lahoz-Quilez questionne les attributs du paraître avec ce qu’ils dévoilent de notre relation sociale et politique du corps. Par des entrée multiples : l’enveloppe, le tatouage, la pilosité, les membranes… Elle aborde son intimité et tente de révéler ce que nous avons de plus indicible.
Le corps est un espace mémoriel. Penser dans ses épaisseurs, la surface se construit par le dedans. L’espace du dehors procède par irrigation et empreinte pour constituer notre singularité. Cette singularité se constitue aussi sur du commun, une existence collective.
Accordage emprunte ce terme à la musique : accorder son instrument, être en accord. Par métaphore accorder son corps à l’environnement dans lequel il se déploie.
L’installation Accordages aborde l’importance des fascias. Ces membranes cellulaires ubiquistes soutiennent les éléments constitutifs du corps (organes, muscles, nerfs…). Ces peaux ont un rôle majeur dans la structuration, l’équilibre du corps et finalement notre relation au monde. Le corps est pris ici comme une interface poreuse entre ce qui le constitue et ce qui l’entoure.
L’usage du verre est lié à la notion de porosité. Grâce à sa transparence il laisse entrevoir ce qui se développe au-delà de sa surface. Le fracasser le charge d’une multitude de micro fissures s’organisant en réseau et traduisant la nature communicante des membranes fasciales.
L’exploration des peaux comme espace liminal permet de réévaluer notre relation au corps, de stimuler notre perception pour éveiller et réactiver notre sensibilité et notre réceptivité au vivant.

