Blog Post Image: L’écrin paysager, par-delà l’écran

Marie-France GiraudonL’écrin paysager, par-delà l’écran

Installation | Canada

L’écrin paysager : par-delà l’écran, l’abri est abordé comme espace-frontière s’interposant à une expérience directe du paysage. Il s’approche comme une métaphore de notre relation à la nature, en nous rendant conscients de la distanciation et de la séparation toujours plus grandes que nous entretenons envers elle.
On circule autour d’une sorte de tente monoplace fermée et suspendue verticalement tel un cocon. On s’en approche sans pouvoir y pénétrer alors que cet abri contraint les déplacements tout en esquissant une forme d’intimité avec l’œuvre. De loin, l’abri suggère une vie intérieure grâce aux images projetées sur sa surface. Plus proche, naissent d’autres perceptions du dispositif par les sons et images qui l’habitent. Celles-là, cependant, connotent un effet de confinement par des plans d’un corps séjournant dans la tente et entre le sommeil et l’observation. L’abri établit une coupure avec le territoire, à travers un enfermement qui semble plutôt confortable. Anonyme, cette figure peut adopter/partager l’identité de chacun, ainsi qu’un alter ego intercesseur, afin d’entraîner en une forme de découverte de la nature depuis cet observatoire de proximité. Sa main explore les parois poreuses, révèle les indices du milieu environnant et les traces des évènements extérieurs imprimés sur la membrane. Ses gestes pourraient eux, suggérer un espace naturel hors-cadre de la toile. Les sons, principalement des frottements de tissus ponctués par des intempéries, participent à l’effet de confinement tout en enrichissant les sensations.
La tente s’avère lieu culturel dans l’espace naturel. Elle délimite l’expérience paysagère dans ses limites physiques et intérieures et entraîne à reconnaître sa rareté, sa préciosité tant elle vise à se faire la chambre d’écho de notre relation actuelle à la nature, autant, sinon davantage, fabulée qu’expérimentée.

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