Blog Post Image: Vegasiorado

Maxime MartinsVegasiorado

Vidéo | 08:00 | France

« Las Vegas a la capacité singulière de nous laisser croire à notre propre irréalité. » Zéropolis, Bruce Bégout, 2002.
Vegasiorado traverse la ville de Las Vegas, une ville de fiction structurée par/pour les attractions. L’enveloppe d’électrodes et de néons, les noms des lieux ainsi que leurs habitants ont été retirés, pour que se détache l’imposante structure de la ville et que s’expérimente la réalité du lieu enfoui sous d’épaisses couches de signes publicitaires. Les écrans démesurés n’exposent que leur taille destinées à l’appel de masse alors que Las Vegas, décor sous contrôle, interdit toute photographie hors des espaces prévus à cet effet. L’effacement révèle une architecture brutaliste de masse derrière la promesse de jouissance individuelle. Las Vegas est une ville privatisée dont les casinos possèdent les trottoirs, les lampadaires et les rues portent leurs noms. Cependant tout en se rendant invisible, le contrôle veille omniprésent camouflé sous un vernis miroitant afin que rien n’entache le divertissement. Las Vegas est une ville spectacle, un spectacle permanent, comme une déflagration en boucle. Zéropolis de Bruce Bégout décrit Las Vegas comme la ville du futur, unique en terme de gestion urbaine, sa population sous un contrôle accru et sécurisé, allant en mouvement permanent dans une atmosphère de fête.
Vegasiorado adopte une esthétique documentaire sans que la ville soit clairement identifiée, et qu’elle s’apparente, ainsi dépouillée de ses couches éphémères, aux ruines- paradoxalement- à l’état neuf d’une civilisation disparue. Vegasiorado questionne les ruines que laisseront nos sociétés contemporaines ainsi que celles des emblèmes de notre époque.

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