Penthésilée

Simon Gaillot Penthésilée

Vidéo | 01:52:00 | France

« Parler d’un poème en soi, juger un poème en soi, cela n’a point de sens réel et précis. C’est parler d’une chose possible. Le poème est une abstraction, une écriture qui attend, une loi qui ne vit que sur quelque bouche humaine et cette bouche est ce qu’elle est. » Paul Valéry, De la diction des vers.
Cette lecture cinématographique de la pièce d’Heinrich von Kleist, Penthésilée de 1807, adopte la plus grande des simplicités pour trouver cette loi.
Tourné dans la joie sur une île en Bretagne, entre des dunes de sable et des falaises, à la lumière de l’hiver, le film s’intéresse particulièrement à ce moment de parole nue portée par un visage dans l’espoir de redonner sa respiration au texte.
Drame de Heinrich von Kleist, Penthésilée creuse le fossé entre l’injonction sociale et le sentiment naturel qui anime chacun de nous. Cet ordre social dûment établi s’impose à l’individualité comme une discipline contre nature.

Quant à Simon Gaillot, né en 1994 en Lorraine, il est diplômé d’une Licence en Histoire du Cinéma à Paris I, Panthéon Sorbonne et d’un Master en Arts et Langages à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. À vingt ans, il décide de tourner chaque été un film en plein air à partir d’une pièce de théâtre. Fidèle à l’esprit de Jean Cocteau selon lequel l’art cinématographique est avant tout un art d’artisan, il travaille, dans un souci constant d’économie, à établir une relation de proximité et de nécessité entre un texte, un visage, un corps et un paysage. Il a ainsi créé des oeuvres qui reconnaissent mais avec la plus grande des libertés, les œuvres de Julien Gracq, de Robert Walser et de Jean Racine.