Blog Post Image: Nou voix

Maxime Jean-Baptiste Nou voix

Vidéo | 14:24 | France

Nou voix commence par l’implication de mon père comme figurant dans le film Jean Galmot Aventurier, réalisé en date par Alain Maline, et dont l’archive sur DVD m’a été transmise par celui-ci. C’est un biopic à propos de Jean Galmot (1879-1928), tout d’abord businessman français faisant profit de l’or en Guyane Française, qui accéda ensuite à des postes importants dans la caste politique, y développant une passion pour le peuple guyanais, il leur donna des droits quant à l’organisation du territoire. Il mourut, empoisonné, en 1928.
Ceci déclencha des émeutes dans les rues de Cayenne, la capitale, lors desquelles six personnes dites anti-galmotistes sont mortes. Peu après, se déroule un procès quasi-fictif à Nantes, ville symbolique, où 14 prévenus guyanais jugés, sont accusés pour ces meurtres. Accusation fondée sur un système judiciaire bancal. Durant deux ans, les 14 prévenus sont emprisonnés, puis libérés en 1931, après un long procès qui fit date dans l’histoire de la Guyane. L’avocat, Gaston Monerville, produisit une plaidoirie qui à la fois accusait le système judiciaire frauduleux durant le procès, et système colonial français.
Sa question était simple : peut-on juger des Guyanais comme des français ou non ? En 1931, les accusés libérés sont renvoyés en Guyane. Ceci amène plus tard Gaston Monerville, désormais député, à voter pour la départementalisation de la Guyane Française, en 1946.
Dans Nou voix, mon père et moi allons plus loin, et cherchons collectivement les voix des Insurgés de Cayenne, à la fois recouvertes par l’événement historique et le film de Jean Galmot Aventurier. Cette archive y devient mouvante abstraite, pour une relecture performative et intimiste de ces faits historiques, et ce afin de questionner une autre mémoire, une mémoire potentiellement vivante de ces faits qui sont, pour nous, tout sauf des « détails ».

Site de l’artiste