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Marie Vandendorpe Pétrir / Levée

Marie Vandendorpe Pétrir / LevéePétrir | Vidéo | 12:00 | France

L’étymologie de pétrir, pistor désignant le boulanger, dénote l’acte de pétrir la pâte à pain avec ses mains. L’interaction avec la matière est tactile. Par contact, s’y laissent ses empreintes, ses traces. Dans cette expérimentation avec la matière organique de la pâte à pain, le corps s’engage tout entier. Le corps entre dans la matière, dans le lieu du pétrin. La trace devient, en écho à son sens étymologique vestigium, empreinte de pied, trace de son appui au sol, de son poids. Cette trace de poids est visible en creux dans la matière molle et souple. La pression du corps donne lieu à son ex-pression, à cette matérialité de l’Être. Dans ce corps à corps avec la matière, le travail du corps est actif, physique et musculaire. Il éprouve la texture de la matière, élastique, souple, flexible. La pâte devient alors mémoire du tracé du corps, traces d’un processus de mise en forme, celui du processus de création.

Levée | Vidéo | 06:00 | France

Levée est la deuxième phase de l’expérimentation avec la matière organique de la pâte à pain, de ce diptyque qui rassemble les deux temps de la fabrication du pain : le pétrissage et la levée. Le pétrin est un châssis en bois. C’est un cadre lunaire inspiré de la figure de Pierrot Lunaire : un corps blanc au visage enfariné. La levée est le temps où l’on fait reposer la pâte. Inspiration, expiration. L’essentiel se fait là, comme une respiration profonde au fond d’un récipient. C’est le temps imperceptible de la levée. Le temps du gonflement par effet du levain, lorsque la pâte se dilate dans son expansion maximale. Projetée comme un astre lunaire, la boule de pain devient une lune qui croît puis décroît.

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