Blog Post Image: Carlotta’s Face / Le visage de Carlotta

Frédéric Schuld et Valentin Riedl Carlotta’s Face / Le visage de Carlotta

Vidéo | 05:00 | Allemagne

Carlotta surmonte grâce à l’art une maladie cérébrale rare qui l’empêche de reconnaître les visages. Enfant, Carlotta ne s’attendait pas à ce que les gens qui l’entouraient aient des visages, alors qu’elle ne reconnaissait pas le sien. Elle apprend, quelques années plus tard, qu’elle souffre de ce déficit rare et incontrôlable de son cerveau et ce fut l’art qui lui offrit enfin le moyen de se reconnaître.
Mon travail scientifique me conduit à comprendre les mystères du fonctionnement du cerveau humain. Carlotta a considérablement participé à l’élargissement de ma connaissance en ce qui concerne cet organe fascinant par la mise en évidence de l’importance de la perception personnelle, perception non-objective. Chacun d’entre nous a une vision différente du monde. Environ 1% de la population mondiale souffre d’un tel handicap visuel de déficit de la reconnaissance du visage. L’histoire de Carlotta communique bien mieux la complexité de la fonction cérébrale humaine que n’importe quel processus de recherche. Elle décrit avec sincérité, comment les petits écarts de la perception conduisent à l’isolement social et au manque de compréhension des autres – et ce, parce que l’on pense que tout le monde a la même vision du monde.
Carlotta traduit son déficit cérébral en autoportraits haptiques artistiques. Les yeux fermés, dans la plus grande obscurité, elle touche son visage et trace sur papier ce qu’elle ressent. En remplaçant la vision par le contact, elle perçoit enfin son visage en tant qu’entité et ainsi se reconnaît. Le style visuel du film s’apparente au processus lithographique, que Carlotta choisit pour ses autoportraits. Quelques couches de couleurs suffisent à créer un paysage intense et complexe par leur application selon une pression variable. De près, nous observons Carlotta dans le film en train d’explorer un paysage qui s’avère être son visage une fois que nous avons une idée de la carte entière.

Through art, Carlotta overcomes a rare brain condition that prevents her from recognizing faces.
As a child, Carlotta didn’t expect the people around her to have faces. She even doesn’t recognize her own face. Years later, she learns about a rare, untreatable deficit of her brain. It was art, after all, that offered her a way to finally recognize herself.
During evolution, humans have developed a brain region specialized on processing faces. While our eyes only capture singular aspects of a face, it is the brain that integrates these impressions into a holistic percept of a face. Around 1% of the world population suffers from face blindness, a deficit of recognizing faces, even the own one. Carlotta’s story better communicates the complexity of human brain function than any research paper. She describes with sincereness, how small deviations in perception can lead to social isolation and lack of understanding from others – just because we assume that everybody has the same view of the world.
Carlotta translates the deficit of her brain into beautiful art of haptic self-portraits. With her eyes closed, in complete darkness, she touches her face and puts on paper what she feels. By replacing vision with touch, she finally perceives her face as an entity and thereby recognizes herself. The visual style of the film imitates the lithographic process Carlotta uses for producing her self-portraits. Only few layers of color create an intense and complex landscape when applied with varying pressure. From up close, we observe Carlotta in the film exploring a landscape that turns out to be her face once we get an idea of the whole map.

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