Blog Post Image: Penser et être

Gilles Tanguy Penser et être

Photographie | 50 X 50 | Toulouse, France

Nous pourrions poser un point d’interrogation à l’endroit de ces images de ce qui relèverait à la fois d’un pays et d’un paysage. Il y a là des indices de végétation, des routes, des arbres, des ruissellements, des reliefs rocheux, montagneux, des fleuves, des bords de mer, des formes d’architectures et l’incongruité d’une couleur célibataire qui dessine et désigne une place et toujours, fiché là, le même panneau routier censé annoncer un lieu-dit et sur lequel s’inscrit en lettres blanches sur fond noir Penser et être . On peut admettre qu’il existe des passages et des articulations géographiques entre pays et paysage comme il en existe qui se tissent de multiples façons au plan sémantique du foisonnement toponymique qui fait exister, de génération en génération, l’imaginaire et la mémoire des lieux. Peut-être n’est–il pas incongru de penser qu’au tout début de notre humanité, l’étendue géographique ait pu être parcourue comme un territoire d’errances infinies et offrir, cependant, des moments d’arrêt, d’abris, de repos, de plaisir au corps et au regard. Alors peut se penser l’inscription d’un lieu dit où percevoir et, alors, concevoir l’aspiration à être là. Dans le cours de ces mouvements de création, il est tout aussi crucial de percevoir pour concevoir et réciproquement de concevoir pour percevoir. Le destin de ces images est d’être hanté par leur hors-cadre. Ainsi prélevée dans l’étendue du territoire, l’image, cadrée et construite, par où le pays accède au statut de paysage, ne peut exister que comme produit de la sensibilité érudite d’un regard gourmand qui la pense digne d’être dans ce champ là…
A la lecture dressée de Penser et être le pays se renverse.
A la lecture renversée de Penser et être le paysage se dresse.

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