Kinski wanted Herzog to direct but he turned it down

Guillaume Vallée Kinski Wanted Herzog to Direct but He Turned It Down

Vidéo | 06:15 | Canada

Écho au rêve brisé de Klaus Kinski, face aux multiples refus de Werner Herzog de réaliser un film sur le violoniste fou, Paganini, dont il a écrit le scénario. Une transe psychédélique qui tente de saisir les folles visions d’un homme exalté. Traces d’un film qui aurait pu exister. À quoi fait référence le titre exactement ? J’ai découvert le travail de Werner Herzog et Klaus Kinski en même temps, il y a environ une dizaine d’années, en regardant le documentaire My Best Fiend. Dans de film, Herzog décrit la relation amour/haine qu’il vivait avec Kinski. Par la suite, je suis devenu obsédé par ce duo et j’ai visionné tout leur travail collaboratif. Dans My Best Fiend, Hezog raconte que Kinski a écrit un scénario sur le violoniste fou Paganini et il voulait que Herzog le réalise. Il a refusé à maintes reprises. Pourquoi en avoir fait le sujet de votre film ? J’ai toujours été fasciné par les films qui auraient pu exister et cette anecdote en ait un exemple. Finalement Kinski a réalisé le film lui-même, en jouant le rôle principal (narcissisme à l’état pur!) mais j’aime imaginer à quoi aurait pu ressembler une réalisation d’Herzog d’un scénario de Kinski (en plus de n’avoir pas apprécié le film de Kinski…) ! Je me suis toujours dit que je ferai un film autour de ça, donc ça mijote dans ma tête depuis longtemps. Le film est un hommage à cette œuvre inexistante mais aussi une représentation fictive et matérialiste des émotions que Kinski auraient pu ressentir face à ces multiples refus; littéralement un rêve brisé. Et connaissant sa nature quasi psychopathe et extrêmement intense, il y avait matière à créer une œuvre cauchemardesque et chaotique. Comment s’est fait le travail de collaboration avec l’artiste Hazy Montagne Mystique pour la musique de votre film ? Je collabore avec Hazy Montagne Mystique (aka Chittakone Baccam) depuis presque 5 ans, autant en performance audiovisuelle qu’en création monobande. En plus d’être lui aussi un fan du duo Herzog/Kinski, je trouve son travail musical magnifique et inspirant. Lorsque je collabore avec un musicien, j’élimine tout forme hiérarchique des pratiques et je donne carte blanche, une confiance aveugle; je savais que sa création sonore allait être à la hauteur et surtout compléter le travail matériel et conceptuel des images. On peut percevoir, à travers le son, les textures organiques en décomposition, les pensées qui s’évaporent et la symbiose son/image qui amène tranquillement l’œuvre vers le néant du rêve brisé.