Page 236 - Catalogue 2026
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PERFORMANCES  Chapelle des Cordeliers

       Chapelle des Cordeliers

   Rebecca Minten, mémoire vive (CH)

           mémoire vive est et l’improvisation à la clarinette basse et le thème mélodique de l’œuvre et
   le titre de la performance, du soir du vernissage à la Chapelle des Cordeliers, le 11 mars 2026. Plus
   encore, puisque performance au sens artistique doit s’entendre aussi au sens de performance
   physique tant la clarinette basse est un instrument particulièrement exigeant ce que rappelle la
   musicologie.
   « L’une des difficultés majeures quand on apprend à jouer de la clarinette basse, c’est la maîtrise
   et le contrôle du souffle. Cela demande un investissement physique très important, notamment
   quand on fait des grands solos. (...) On peut avoir l’impression d’être en apnée quand on joue de
   la clarinette basse et d’aller dans les profondeurs de la Terre quand on atteint les notes graves. Je
   fais d’ailleurs souvent des exercices de respirations ventrales où je vais chercher l’air presque dans
   le sol. » – Renaud Guy-Rousseau
   Une difficulté que domine parfaitement Rebecca Minten en tant qu’interprète professionnelle
   d’œuvres de compositeurs de musique classique contemporaine, notamment Helmut Lachenmann
   - Dal Niente (Interieur III) ou Alberto Posadas, Enno Poppe et encore Sarah Nemtsov avec Implicated
   amplification for bass clarinet and electronics, de 2014 dont mémoire vive reconnaît la portée.
   mémoire vive est une improvisation performative, variant par définition, à chacune de ses actions:
   « mémoire vive conçue pour la clarinette basse et le traitement numérique en direct, repose sur un
   système délibérément épuré […] Cette simplicité technique est essentielle pour une adaptation
   immédiate au contexte, encourageant son intégration naturelle avec l’environnement dans lequel
   se déroule l’œuvre. C’est l’origine de son titre. »
   Cette écoute et cette attention sont particulièrement manifestes quand on écoute et
   l’interprétation de Rebecca Minten, dans la gare du Nord de Bassel en Allemagne le 8 juin 2025 et
   celle-ci devant les Ruines Circulaires de Halveig Villand. En performance, le lieu influe ainsi que la
   proximité des publics aux attentes diverses qu’il induit.
   La performance nécessitait outre l’instrument de musique, un appareillage électronique avec sur
   le côté de la clarinette, proche du anche, un petit micro et au sol, un ordinateur et un boîtier
   line6, grâce auquel l’artiste crée des réverbérations lentes et des textures tantôt planantes, tantôt
   granuleuses. Elle dissocie, de même, grâce à lui, les couches harmoniques.
   Lorsque la performance débuta après 19h, malgré le brouhaha intense des publics, très nombreux
   sous l’éclairage diversifié par les installations mais, très vite, sous l’effet des premières notes de
   basse de la clarinette, s’est créée une cage de silence. La basse se prolongeait, se réinjectait de
   souffle, comme une corne de brume cherchant à traverser le brouillard, affirmant le plomb de sa
   durée jusqu’à entendre enfin bruisser autour d’elle le murmure de l’attention.
   Alors Rebecca Minten ajouta le son électronique ; par son jeu sur la pédale sur le boîtier et sa
   captation par le micro sur le côté de la clarinette, elle lança la modulation d’un jeu d’enveloppes
   sonores dans tout leur essor, montant jusqu’aux voûtes de la chapelle. Les plus proches d’elle ;
   ils s’étaient avancés ne laissant que peu d’espace, pouvaient saisir l’agilité des doigts virtuoses
   parcourant les clapets métalliques de la clarinette. La basse dominante se doublant par
   réverbération électronique d’une plage de médium, donnait un effet de moiré au spectre sonore.
   Puis la musique s’apaisant, elle s’installa dans un jeu de lenteur entre les différents médiums,
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