Page 190 - Catalogue 2026
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INSTALLATIONS Atelier Ombres Blanches
Je te vois.
Et tu ne mourras pas. » Ni la ville Venise.
L’artiste dit :
« Les touristes, déambulant dans la ville, deviennent le reflet de nous-mêmes : des êtres qui
traversent la vie, à moitié endormis, accomplissant des rituels hérités, aspirant à être vus non pas
comme des apparences, mais comme des présences.
L'espace urbain se transforme en un seuil contemplatif, où le temps s'étire et où le regard devient
une prière séculaire.
Le jour, Venise est une scène vivante ; la nuit, elle se désemplit dans le silence – ce rythme de
spectacle et d'absence expose son âme fragile. Chaque geste, chaque regard participe à cette
liturgie profane du regard. »
Son poème :
« Un jour, quelque chose en toi se déplace à peine–comme le visage secret de la lune qui s’incline
doucement – et le rideau du monde ne tombe plus comme avant.
Les hommes t’apparaissent comme des figures d’un drame ancien : des voix répétées mille fois,
des mains rejouant des gestes hérités du sang.
Tu cesses de réciter et le monde devient transparent : le jugement tombe comme poussière de
soleil dans un couloir silencieux.
Alors tu vois la douleur qui soutient une parole, la solitude qui se déguise en posture, la peur qui
se masque en orgueil.
Et le regard… lumière subtile entre deux rives, seuil qui tremble comme l’eau à la source.
Trop longtemps immobile sur ce seuil, la vision se referme sur elle-même.
Le silence devient demeure, un souffle qui ne traverse plus.
Et l’âme glisse lentement dans un rêve de détachement qui ne s’éteint pas.
La conscience n’est pas une tour, mais un pont de pierre vive qui revient à la chair, au souffle, à la
chaleur d’une paume ouverte, où la présence retrouve le courage de toucher.
Souviens-toi :
même derrière le masque le plus fixe bat un cœur invisible.
Peut-être, en cet instant, a-t-il seulement besoin de ton regard véritable – un regard qui dise :
Je te vois.
Et tu ne mourras pas. »
Simone Dompeyre
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