Page 220 - Catalogue 2026
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PHOTOGRAPHIES ENSAV
ENSAV
Pascal Fayeton, Nuit Caniculaire, 2025 (FR - Toulouse)
À hauteur de vue, le cheminement visuel accroche
tant les couleurs des images détonnent /détonent,
se détachant nettement sur la brique ; ces quatorze
photographies sont paradoxalement enchanteresses
eu égard aux propos de l’artiste Pascal Fayeton.… Et
le cheminement de l’exposition, pourtant cantonnée
à l’espace de la Tour Maurand, se double de celui que
déterminent ses titres à travers la métropole toulousaine:
Pont Neuf, Blagnac, Sesquières, Entrée de Toulouse,
Matabiau...
Chacune s’y rapporte parce que parfois localisable, ou
reconnaissable par le mobilier urbain, la configuration
locale, quand ses couleurs inattendues, dignes de l’audace picturale, induisent à ébaucher autant
de haïkus – certes peu scrupuleux du nombre codé des syllabes nippones mais en leur rythme
– que de stases obligées par la particularité, l’identité de chacune : Carpes assoiffées du fleuve,
leur corps se contorsionne/ Deux enfants jouent, de dos, une branchette dans l’eau/ Le haut de
la frondaison, les feuilles penchent/ le vent les mène… peut-être est-ce induit par la délicatesse
du papier japonais Awagami Inbé mais plus sûrement par cela qui a lieu en un simple cadre de
dimension modeste.
Les couleurs ne sont pas celles d’un coupleur de colorant, elles ne font pas écho à cette
photographie, de Bill Owens, où le bleu soutenu d’une piscine se confronte au vert tout aussi uni de
la pelouse obligée, et malgré les arbres colorés, font hommage au peintre cité par le titre Hockney
painted the pool-Hollywood. Pascal privilégie son « environnement immédiat, des espaces sur les
chemins de sa vie, de son enfance ou de ses errances d’adulte » précisément, et ses couleurs sont
indicielles de quelque chose qui a lieu.
Les couleurs intrigantes expriment la ville alors que la température monte. Les carpes souffrent
du manque d’eau, métallisées, en brillance sur blanc mousseux. Les climatiseurs ajoutent leur
masse sur les toits au-dessus des murs verts. Le balcon comme une structure parallélépipède en
suspension, les fenêtres se distinguent par leurs teintes diversifiées, la chaleur est peintre. Les
ponts se déréalisent sous le fuschia, le rouge... parfois le beige, la teinte éclaircie dessine un espace,
la voiture bleue occupe une très grande place dans le champ de la photographie d’immeuble.
Les escaliers sur la butte en bordure du fleuve n’empêchent pas la vue du ciel orange sur la ville
en arrière-plan, ni les reliefs de l’ancienne usine AZF. L’arbre subsiste en rose, violet. La ville ne
mériterait plus son épiclèse. Pascal Fayeton en tend une image différente ; ses photographies
sont métaphores en haute couleur de l’urbanisme touché par les changements climatiques et du
monde et les changements de notre être au monde.
Cependant les habitants même si peu nombreux, dans la chaleur, habitent la ville. L‘axe de prise de
vue ne les réduit pas, la vue est à hauteur d’homme – rarement le plan dépasse le demi ensemble.
La femme en robe légère marche sur le pont aux lampadaires, une autre y est assise sur le banc
estival ; les deux enfants en chemise avec palmier et tee-shirt à message de marque suivent le
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