Page 256 - Catalogue 2026
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PERFORMANCES  Lesalonreçoit

Quelles conclusions tires-tu de l’actuation de ce que tu avais conçu ? Tu m'as dit donner en juin,
à Graulhet, une variation partant du même protocole. As-tu déjà une idée de ces modulations ?
Actuer cette action au 22 a-t-il répondu à tes attentes? Et d'ailleurs quelles étaient tes intentions
premières pour toi qui as dit lors de la table ronde réunissant une multitude d'artistes à l'église
du Gesu que tout commençait chez toi par le vide ? D'où t'es-venue l'idée ?
Ah! oui, le vide ! Quelle idée n’est-ce-pas ? Au départ, il y avait l’envie de lier deux mondes, à la fois
l’exposition de Françoise Maisongrande et Philippe Cadu au Salonreçoit et l’univers de Traverse
Vidéo et sa thématique 2026. Et assez rapidement, j’ai placé devant moi le geste, la matérialité et
l’immatérialité. Cette performance, je l’ai voulue comme un liant, qui construit, qui consolide et
qui se rencontre dans un espace. Et je me suis visualisée comme un objet de construction ou un
cordon qui crérait des ponts.
La tresse était proche visuellement des murs de briques exposés ce soir-là et à la fois ce geste
de tresser mes cheveux, si ancré dans mon quotidien, s’est avéré bien plus immatériel que je ne
l’imaginais puisque j’ai oublié mon geste, il a fallu que je réengage ma mémoire. Pour revenir sur
cette notion de rencontre, j’avais invité des personnes qui n’ont pas ou peu l’habitude d’assister à
des performances, Françoise Maisongrande avait invité un ami et je crois que le 22 avait fait pareil.
j’ai vraiment cette volonté de nouer des liens, d’aller au-delà de ce qui doit être, et je crois que
cela a été ainsi vécu comme ça,. J’avais besoin de voir que les vies peuvent se croiser parfois. J’avais
besoin de réenchanter un espace commun.
Je porte encore aujourd’hui en moi les vœux et les intentions des participants de ce soir-là
puisque comme je l’ai dit plus tôt, lorsque j’évoque à nouveau ce moment, je manque d’air. J’ai
pourtant coupé ma mèche de cheveux, mais je sens que je dois réajuster ce geste. Je me pose
aussi la question du choix de ne pas voir le maillage se construire au moment de la performance.
Je suis encore indécise à ce sujet-là. Me retourner ? Regarder les participants ? Ça changerait leur
comportement : serait-ce judicieux ? je ne sais pas pour l’heure ; ça poserait la question de comment
je me place dans ce dispositif. Actuellement mon corps est l’objet qui aide à la construction, il y
a une mise à distance des actions d’autrui, les participants ne sont pas soumis à mon regard ni
à mon jugement. Peut-être incorporer un temps, un interstice qui bousculerait leur action, leur
capacité à se sentir totalement libre.

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