Page 258 - Catalogue 2026
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IMPROMPTU MUSICAL
«choisir» entre la couronne – avec celui qu’elle n’aime pas – et le poison.
Marlène entonne l’aria, avec l’énergie et la vélocité d’un chant de détresse, qui lance ses vocalises
pour la métaphore du petit bateau pris dans la tourmente.
Et après ces amours terrestres, sans choc, sans dire Magnificat, le titre de l’œuvre, même si
les mots en une articulation claire, parlaient le latin de cette rare œuvre de Bach, à le retenir
pour cet hymne de reconnaissance à la Vierge, venu de l’Évangile selon Saint Luc. Marie après
l’Annonciation, rend visite à sa cousine Elisabeth, pour lui annoncer qu’elle est porte le Christ en
son sein. La soprano, après le flamboyant Magnificat choral, en un mouvement expressif, se dit «
la servante choisie par Dieu » ; l’instrument encore en enregistrement ici est le hautbois d’amour/
oboe d’amore ; la partition réclame un « piu adagio »- soir relativement lent, avant un « poco
piu adagio » et la voix de Marlène en effet, en une ligne mélodique, adoucie, en accord avec la
modestie de Marie et préparant l’exaltation du chœur du « Omnes generationes ». L’impromptu
se termine en ce « teneramente » demandé par la partition/ tendrement.,
À l'Atelier Ombres Blanches, près de The Altarpiece, polyptyque, en cinq vues de Venise, de
Edoardo Mulato, très proches, les personnes assises, debout, se pressent. La jeune soprano, en
petite robe estivale, très simplement, se place près du mur... son téléphone posé.
De Vivaldi : le Col piacer della mia fede, Acte I, de Arsilda, Regina di Ponto, créé à Venise en 1716,
la même année que Judith Triomphans ; le Ch'io mai vi possa, de Siroe de Händel, créé à Londres
en 1728, et le Delizie contente du Giasone de Cavalli, créé à Venise, pendant la carnaval de 1649.
Trois opéras, trois arias : ce solo hors de l’action espérée ou inquiétante, moment où se disent
précisément les inquiétudes, les espoirs, les bonheurs des personnages et moments où se
prouvent les voix et que pouvaient réclamer au compositeur, les chanteurs. Marlène en a retenu
trois dont elle franchit les grandes différences ; celles que le livret réclame, celle que la partition
écrit.
Col piacer della mia fede... Nicandro, un prince ami d’un autre mais aimant la même femme, un
frère et une sœur jumelle, elle se déguisant en lui que l’on croit faussement mort, et qui revient
déguisé en jardinier. Elle œuvrant pour le royaume, lui pensant qu’elle veut le lui soustraire...
Un opéra des erreurs, d’identités cachées, de quiproquos amoureux et de grands élans, de
mouvements effrénés, d’airs virtuoses. Marlène, en voix de femme ajoute à ces déguisements,
l’allegro porte la maîtrise et le bonheur du chant sur le visage en sourire. Le travestissement motif
de cette effervescence baroque n’altérant aucunement la pleine sincérité de sa voix.
Le Ch'io mai vi possa, de Siroe, Acte III, de Händel : la trame des amours contrariées, comme chez
Racine / A aime B, qui aime C qui aime A… gênées par les raisons d’État, du dramma per musica,
d’autant que Métastase, alors jeune débutant déjà y décrit les luttes intestines dynastiques qui ont
été sa marque. La trame mêlant amour, plaisir, pouvoir et mort fut ainsi la base d’opera seria dont
celui-ci d'Händel, œuvre peu connue.
Marlène débute en l’allegro, puisque loin de la plainte amoureuse, Laodice, amoureuse de Siroé,
éconduite, affirme son amour inéluctable, « son feu » et la synecdoque de l’homme aimé par
«Pupile care/ chers yeux ». Un allegro passionné, les mots sont repris, mais non sans nuances, ainsi
la reprise en variation du « no », pour son refus d’abandonner d’aimer.
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