Page 257 - Catalogue 2026
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IMPROMPTU MUSICAL
Marlène Gaston-Epiter, Musique baroque (FR - Toulouse)
« J’entends une étrange musique, qui résonne
dans les airs. C’est une musique de fée,
envoyée par moi pour vous guérir de votre
incrédulité » – Purcell, The Fairy Queen
La salle était comble, mais peut-on
appeler ainsi, la Chapelle des Cordeliers qui,
au soir de son vernissage, devint le lieu de la
musique instrumentale et de la voix y compris
en sa splendeur opératique.
Le bruit envahissant, les mouvements à
travers la nef, se sont arrêtés, par deux fois,
par la force de la musique, en performance à la
clarinette basse, et en cet impromptu musical
et ce, dès la note lancée, dès la voix lancée..
Trois airs divers mais tous captivants d’autant
que c’est la voix de Marlène Gaston-Epiter qui
les ravivait.
Baroque en Purcell, pour le One charming
night, de The Fairy Queen créé à Londres,
en 1692. Baroque dit tardif avec le Scherza
in mar la navicella, du Lotario/ Lothaire de
Händel, créé à Londres, début 1729 et étonnamment pour qui en sait le motif, le Quia respexit du
Magnificat de Bach, Noël 1723 à Leipzig.
Rien ne s’y dit de leur propos, ni de leur livret, de l’opéra seria ou de l’allégorique aria de The Fairy
Queen ou du chant de la Vierge Marie, seul leur titre, du moins l’incipit de ces airs selon la manière
musicologique, fut dit.
La jeune cantatrice trace un cheminement particulier débutant sur l’enchantement de la nuit par
le Secret, figure allégorique qui adopte la convention adulée pour les êtres surnaturels ceux qui
s’immiscent alors que dorment les figures humaines. L’opéra est conçu pour accompagnement
du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare ; intermèdes musicaux appelés « masques ». L’acte II de
The Fairy Queen invite durant la nuit, le mystère, le Secret et le Sommeil afin de veiller sur la Reine
des fées endormie dont le « passage » subtil, léger conseillant de suivre les plaisirs, de se laisser
aller aux plaisirs secrets, se termine sur un « Hust, no more/Chut, rien de plus » de Titania mais
d’abord, l’atmosphère poétique.
La Nuit Enchanteresse s’entonne au son de flûtes à bec qui se transforma – en nos formes arte
povera si on ose, cette assimilation – en un enregistrement téléphone, celui-ci posé au sol. La
voix a suffi en ses modulations, en ses changements de tonalité, les mots même sans traduction,
chargés d’émotivité, le motif repris, en instabilité portée par la voix sûre et jeune, en tension.
Du Lotario, un Händel plus rare, remontant pour le livret au M.A germanique, modifiant l’Histoire
d’Othon qui épousa Adelaïde de Borgogne d’Italie. Alors la reine emprisonnée est condamnée à
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