Page 259 - Catalogue 2026
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IMPROMPTU MUSICAL
Giasone/Jason avec le Delizie contente, c’est celui de l’opéra de Cavalli, c’est celui de la toison
d’or avant son départ avec les Argonautes, alors qu’il ne paraît pas très sûr de vouloir quitter les
plaisirs pour se risquer sur la mer. C’est le premier air de Jason, encore dans les plaisirs de la vie
amoureuse, le retenant de la quête héroïque. La voix va andantino mosso, plutôt marqué. Très
expressive, douce, la cantatrice prononce très nettement les mots sur un air continu.
« Délices merveilleux qui rendent mon âme heureuse, arrêtez-vous !/Sur mon cœur que voici, ne
distillez plus les joies de l’amour ! Chers délices, arrêtez-vous là ! »
Cela s’adressait-il aussi au hors cadre, au public pris par les virevoltes ou les artifices enjoués sans
nécessairement savoir ce qui se chantait, en prenant ce plaisir que l’opéra comme l’expérimental
procurent, quand on ne sait rien et que l’aisthésis, le plaisir des sens, prime.
Lui, désormais, après le chant, sans cette musique en voix et cette voix-là déjà si affirmée, déjà si
apte à déjouer certains phrasés, à habiter la musique et ce, même sans l’orchestre ni même un
simple instrument, avec le minimum d’accompagnement autre que le silence habité des publics
qui ne se décidaient pas à quitter le lieu.
Simone Dompeyre
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