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ACTIONS Lycée Ozenne
Lycée Ozenne : Atelier mené par 3 artistes
Trois artistes de trois pays, de trois approches différentes, après projection sur le
mur de fragments de films, discutent avec vous de leur pratique, répondent aux
questions tous azimuts, loin de tout formalisme...
Michel Depatie
Le premier volet de la réflexion de l’artiste
Michel Depatie s’articule autour d’une
rupture avec la conception indicielle de la
photographie,traditionnellementperçue
comme une trace objective du réel. En
convoquant Nicéphore Niépce, l’artiste
rappelle que l’origine de la technique
repose sur une fixation du temps qui
excède la vision humaine, pour aussitôt
la confronter à la figure d’Hippolyte
Bayard. À travers l'Autoportrait en noyé
de 1840, il démontre que l’image est, dès
sa genèse, un espace de "mise en scène"
et de revendication politique plutôt
qu'une simple preuve matérielle. Cette
perspective s’inscrit dans les théories
de la post-photographie portées par
Philippe Dubois et Joan Fontcuberta, où l’image numérique achève la transition de la « trace »
vers la « fiction ». Pour l’artiste, la photographie n’est pas le reflet d’une vérité préexistante, mais
l’expression d’une intention délibérée – un « mensonge » technique proposant une fiction et
ouvrant sur des mondes possibles. Le second axe théorique de sa pensée repose sur la nécessité
éthique de « réarmer le regard » afin de déconstruire les mécanismes de domination visuelle.
Cette posture critique s’attaque directement au male gaze /regard masculin en prenant la figure
de Delphine Seyrig comme levier de subversion contre l’érotisation passive du corps des femmes
à l’écran. Par l’intégration stratégique de la réalité augmentée, Depatie transforme l’objet de la
fascination en un sujet de résistance actif, redonnant ainsi une agentivité à l’image. Cette volonté
de briser les automatismes de la perception s’étend à une décolonisation du regard, nourrie par
trente ans de collaboration avec la nation Innu du Nord-Est du Québec. Il y remet en question la
légitimité même de « prendre » des photos, privilégiant une pratique qui ébranle radicalement les
représentations occidentales préétablies.
Son atelier débuta par un film où l'humour ne déparait pas la connaissance et ne lui interdit pas
une explication de son travail photographique avec réalité augmentée.
cf. l'exposition à l'Atelier Ombres Blanches, page 226
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