Page 263 - Catalogue 2026
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Lycée Ozenne  ACTIONS

Samuel Brien (France)

Samuel Brien décrit le chemin qu’il lui a fallu parcourir pour
aboutir à la création très particulière de son installation
Murmurations à la Chapelle des Cordeliers. Chemin, à saisir
d’une part littéralement, puisque la trajectoire du projet relie
deux villes lointaines, Toulouse et São Paulo. En effet, c'est dans
la première qu'il a découvert l’existence d’une propriété physique,
la photoélasticité, et cela, fortuitement, au détour d’un tournage
à l’école d’aéronautique ISAE-SUPAERO. Et deuxième sens, lors
de sa visite du Musée d’Anatomie Humaine de l’USP, là encore
quelque peu fortuitement, il "a posé les yeux sur quelque chose
qui m’a fasciné : un cœur conservé dans le formol, dans lequel
avait été injecté du mercure. Sur la surface des tissus noircis par le
temps, courait un complexe réseau argenté révélant la structure
des capillaires. Je ne savais pas bien si j’étais devant un objet d’art
ou de science. Ça a été le début du projet."
Il explique comment de ces déclencheurs, il a parcouru des
étapes de réflexion, de conceptualisation afin d'approfondir
" ce qui, au cours de ma visite du musée, m’était alors apparu
évident : la photoélasticité, cette propriété qui permet de révéler, dans un camaïeu d’irisations
colorées, les contraintes enregistrées par un matériau plastique grâce à des polarisants, est
étonnamment parlante, à la fois sur le plan conceptuel et esthétique, pour entrer en dialogue
avec les neurosciences et la neuroimagerie : plastique et plasticité cérébrale, irisations colorées
similaires, polarisation de la lumière, beaucoup de choses, en effet, se recoupent. "
En cheminant ainsi, entre deux continents qui ne se touchent pas, entre école d’ingénieur et
musée d’anatomie, entre art et science, il en est venu à interroger les éventuels ponts, liens,
dialogues plausibles entre deux autres pôles distincts : les réseaux de neurones biologiques et les
réseaux de neurones artificiels.
"Les biologiques permettent, sans qu’on comprenne bien pourquoi, l’émergence de la conscience.
Se pourrait-il que les réseaux de neurones artificiels le permettent également un jour ? En
attendant une éventuelle réponse, mon installation vient proposer un temps de contemplation,
d’observation, où peut venir se loger l’étrange mélange de merveilleux et de confusion qui, chez
moi, émerge lorsque je me retrouve face à quelque chose que je sais être incapable d’appréhender,
et qui, pourtant, suggère qu’il y a quelque chose à y déceler. L’atelier aura donc été une manière
pour moi de donner à voir un bout du chemin parcouru lors de cette création, en partie fortuit, en
partie guidé, en espérant que les publics puissent y trouver quelque embranchement intéressant
à partir duquel venir ramifier leur propre chemin. "
Son atelier débuta par le passage de main en main, de petits carrés irisés, qui constituent la matière
de son installation et il nourrit son explication de diverses images.

cf. l'exposition à la Chapelle des Cordeliers, page 167

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