Page 267 - Catalogue 2026
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Église du Gesù  ACTIONS

fixer dans l'imagination en fermant les yeux, d'arriver à fixer un premier pas vers la matérialité. Je
me demande souvent même si parler, c'est matériel ou c'est immatériel et je considère aussi que
même décrire une image mentale, c'est déjà un pas vers le matériel.
[...]
Ron Kenley (Reflets, Les Abattoirs, cf. page 132) : Je réagis
très vite, pour dire que tout ce que tu dis, je pense qu'en
ce qui me concerne, c’est pareil. Aussi je vais dire quelque
chose de plus ambigu,en donnant les titres de mes films,
des dernières années, parce que les titres sont réfléchis,
sont un résultat, sont un début, d'une certaine manière, ils
répondent à la question de comment, personnellement,
individuellement, nous sommes dans le système. Pendant
la pandémie, The time being, puis des peintures avec un
titre autour des travaux de Kafka, K's GAZE, Le regard du
peintre en 2022, Histoires d'assassins, Murmure de colère
et MONTAGE - Expérience/Enthousiasme, ensuite Bunker brisé à l'ombre d'un arbre tombé, mes
titres sont des indices de ma façon de travailler.
Simone Dompeyre : Est-ce que ces sont ces titres qui te lancent ? Parfois le titre est donné à
posteriori. Sont-ils des déclencheurs ? ou bien, est-ce à la fin que tu te dis « je le matérialise », en
quelque sorte, pour que ce soit diffusé ?
Ron Kenley : Les titres arrivent dans le processus, très souvent à la fin. Le plus souvent, à la fin. Et
parfois même après.
Tommy Dobbela (The Day After it All, Centre Culturel Bellegarde, cf. page 120) : Quand on
réfléchit, souvent c’est une image qui s’impose, si puissante qu’elle revient, même si, parfois, rien
ne se passe jusqu’à ce qu’une petite ampoule s’allume.
Sierra Nicole Kinsora (Barbie, Chapelle des Carmélites,
cf. page 244) : Je suis performeuse mais aussi vidéaste,
dans les deux cas, je commence toujours par une image qui
m’inspire. Normalement, c'est mon imagination, et je pense
juste à tirer le fil pour voir où ça mène. C'est très centré sur
l'intuition, juste voir la logique de chaque image et où ça
va m’amener. Et c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de
répétitions et des retours des amis. Et, naturellement, ça se
transforme/prend forme ?
Isabelle Vorle (around & around, ENSAV, cf. page 83 et
en film déclencheur de la table ronde) : J’ai réalisé around
& around, le premier film qui vient d’être projeté. Il a commencé avec plusieurs entrées, mais
surtout avec les images de la montagne. C'est une montagne en Inde, une montagne sacrée qui
représente Shiva, et dont on gravit les pentes en pèlerinage : le projet est parti de là, en fait. Une
autre entrée qui semble n’avoir rien à voir, un livre mais aussi la découverte des films réalisés
dans les années 1950, par mon grand-père que j'ai pas connu. Et ensuite, il y a une cristallisation
venue à la fois de la figure d'Eurydice, la figure qu'on va chercher au fond de la mort. C’est pour

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