Page 268 - Catalogue 2026
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ACTIONS Église du Gesù
ça que j’ai inclus le visage de l’Inconnue de la Seine, le
masque mortuaire, mais aussi le roc. Et je pense que cela
va très justement avec le second film, celui de Florian
(Schonerstedt, Murs invisibles, cf. page 152) qui travaille
sur des petits fragments de la montage et moi sur la
montagne. On a des petits morceaux et un gros morceau
mais on parle de la même chose et cette transparence
dont on parle, c'est la transparence des films, et ces strates
du visible. Parce que toutes ces images qu’on emmagasine,
on les emmagasine aussi dans nos têtes, finalement, en
quelque sorte, en transparence, parce qu'elles nous sont
accessibles, couche après couche, elles restent accessibles parce que c'est transparent.
Didier Samson : D’où est née la force du cercle ?
Isabelle Vorle : Elle est venue de toutes ces rotations. Tout ça parle de rotations. Même dans le
film, on dit tourner un film.
Boris Wilmot, du duo Marshall & Le Sherif (BreaRth, Chapelle des Carmélites, cf. page 212) :
Je dirais, même si j'ai l'impression que je vais répéter ce qui a été dit, qu’il y a un événement qui
déclenche l'idée. Par exemple, pour l’installation sélectionnée, ça a plutôt été une visite dans un
musée, une autre œuvre qui nous a amenés à créer Et puis ça va être ce petit élément, un petit
grain de sable se glisse dans notre tête, et on ne sait pas très bien où ça va nous mener. Quelques
temps plus tard, un deuxième élément. Et puis petit à petit, tout se met ensemble et grossit, avec
forcément un temps de maturation nécessaire. Après, une question, nous, nous partons plutôt
d'une idée formelle puis très vite, se pose la question, qu'est-ce qu'on va raconter à travers ça ? Et
donc l'idée, c'est d'arriver à faire s'imbriquer?
Anthoniy Val (Rejected (beta), ENSAV, cf. page 222) : Je ne me retrouve pas du tout dans cette
démarche-là. Je suis avant tout universitaire, un thésard, aussi ma démarche diffère un peu. Je
conceptualise beaucoup. Je pars vraiment toujours d'abord d'un concept, d'un concept que je
précise, que je développe. Et ensuite je cherche le geste. Et je fais naviguer ce concept-là.
Je disais pour résumer, que je pars d’un concept hyper précis que je veux mettre en forme. Et
c'est à partir de ce concept-là, théorique ou technique, que je cherche un geste, un style, pour le
focaliser : pour moi la matérialisation se passe à posteriori du concept.
Delphine Alliens (La noueuse, Lesalonreçoit, cf. page 254) : Pour moi, ce n'est pas du tout comme
toi, Anthoniy, mais plutôt comme votre duo, Marshall & Le Sherif – ou comme Guillaume. Mais
j'ai besoin d'avoir du vide, je suis des étapes et la première, c'est le vide. Ce n’est même pas du
matériel, ce n'est même pas de l’immatériel, c'est le vide. Et de ce vide, une période obsessionnelle
qui n’a peut-être parfois rien à voir, mais qui est quotidienne ; j'ai besoin de remplir des choses ou
de lire plusieurs livres à la fois, ou de faire comme ça, des choses obsessionnelles. Et de ce sac-là
en fait, je tire l’idée, quelque chose vient à moi. En fait, il y a des temporisations, je ne pars pas
d'une idée, je pars vraiment de quelque chose qui va me prendre au corps.
Anthoniy Val : Et donc qu'est-ce qui se passe pendant ce temps vide ?
Delphine Alliens : Et il y a le geste, en fait, qui arrive avant et qui explique ce que j'ai en moi et que
je n'avais pas exprimé au départ.
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