Page 28 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  ENSAV Prémices

Julie Balguerie, nuée, 2023, 7'37 (FR)

                                                  Il a fallu raconter les gestes
                                                  La disparition des insectes
                                                  Les pare-brises propres
                                                  l’absence de bleu
                                                  Le feu

                                                  nuée est un geste, initié en compagnie de l’artiste Gaëlle
                                                  Rouard, trace d’une vidéo ayant capté une performance
                                                  actuée par Adèle Tourte, Gaëlle Rouard et Julie Balguerie à
                                                  Lussas en 2023. Avec la composition sonore de Kefren Rivera
                                                  et Julie Balguerie.

                                                            cf. le texte page 187, installation à l'Atelier Ombres Blanches

   Raphaël Bessette, Mûr, 2024, 3'04 (CA)

                                                             Est-ce de l’ordre du mûrissement d’imbriquer poème
                                                      textuel et poème visuel ? Sans doute quand celui-ci est
                                                      de l’abstraction, de la couleur en grande bande aux bords
                                                      irréguliers, vive mais en taches jouxtées se chassant l’une
                                                      l’autre, de la craquelure feinte, de la tavelure débordante en
                                                      variation de teinte, le vert, puis le vert-jaune, puis le marron
                                                      ainsi que se mêleraient à même la toile, les pigments…
                                                      La couleur active toujours elle, toujours autre, dans le
                                                      passage, le trans-port.
                                                      Trace, dépôt de main faits avec, en entrée puis dans le
                                                      déroulé, parfois, le bruit topique du projecteur. L’amoureux.
                                                      euse de la pellicule signe cet amour alors qu’un choral de
   sept voix énonce en rythme accordé au collage ou est-ce l’inverse ?
   Voix parmi lesquelles celle de Raphaël Bessette, artiste en cette peinture abstraite et celle de Sallie
   Fullerton, pour que se réfléchisse aussi le passage du trans. Le mot du titre «  Mûr » est décliné en
   verbe, substantif, adjectif emportant cette question : « Quand peut-on dire qu'une personne est
   devenue trans, existe-t-il un point de maturité trans ? »
   L’abstraction ferait lien avec le désir de communiquer – Sallie Fullerton défend la «  poésie
   documentaire » susceptible transmettre les paroles des marginalisé.e.s  mais lors d’un entretien, il
   affirmait un désir de travailler avec d’autres auteurs – et lecteurs queers et avoir « du mal à exister
   seul dans son travail d’écriture. »
   Ainsi Mûr fait-il un collage au carré, montant à l’abstraction peinte sur 16 mm, des mots, des
   questions, du poème en une approche plus intime du désir trans et d’être trans.

                                                                                                              Simone Dompeyre

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