Page 283 - Catalogue 2026
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Galerie Ombres Blanches  ACTIONS

Angelik Ustymenko, Trees that come to me in my dreams, 2025, 4’08 (UA)

Le film sait se faire élégiaque puisque la perte, l'abandon
sont sans fin. Quand ils sont ainsi ressentis et que se
débattre, hurler, n’apportent pas de rémission.

Il dit en trois mouvements, la paix rêvée, la paix en souvenir,
en rêve dit le titre et la guerre, la destruction par la
synecdoque des arbres abattus et en soupir comme on dit
en musique, l’accalmie peut-être grâce à la pellicule, dont
la fragilité supporte les rayures, les taches, les brûlures.

Poème visuel, il est au plus près de l’arbre, devenu la
figure emblématique du lieu de vie, du propre lieu de
celui qui souffre de son éloignement. Une voix douce, en
léger volume, au diapason des mouvements d’une main
caressant des feuilles touffues, saines, vertes. Elle passe sur l’écorce d’un résineux, en effleure les
plaques. Elle soulève délicatement les corolles de petites fleurs type églantiers, lentement. Le fond
sans localisation possible est bleuté, dans cette connotation de paix rêvée. Le plan fixe lui en laisse
le temps avant de passer à d’autres formes, plus effilées. Un jardin perdu. Les mots prononcés en
over murmurent, avant que, en un second moment, s’insinuent l’aspérité, la violence des hommes
par la conséquence des arbres abattus – dont certains peut-être par la foudre si ce n’étaient que
deux amas couleur rouille figurent les possibles carcasses d’engin de mort.

                                                                                                          Simone Dompeyre

Chloé Mossessian & Hank Mittnacht, On Plant Communication
work-in-progress, (Toulouse, FR/US)

« Les plantes sont les premiers yeux qui se sont ouverts et posés sur le monde, elles sont le regard
qui arrive à le percevoir sous toutes ses formes. Le monde est avant tout ce que les plantes ont su
en faire. » – Emanuele Coccia, La vie des plantes, une métaphysique du mélange

On Plant Communication / De la communication des plantes est un film-essai en cours de
création de l’artiste plasticienne Chloé Mossessian et du compositeur Hank Mittnacht, alias Hank
Midnight. Pour une série de portraits-séquences tournées en pellicule 16 mm, le duo rencontre
des scientifiques, des agriculteur.ice.s, des thérapeutes, des artistes dont la pratique entretient
un lien direct avec les plantes. Ces portraits s'entremêlent à des séquences plus expérimentales
employant des techniques d'animation – stop-motion – et d'écocinéma.

L’idée du film a émergé de l’écrit autobiographique de Suzanne Simard, chercheuse en écologie
forestière, Finding the Mother Tree / À la Recherche de l’Arbre-Mère. Elle y décrit son étude de
1995 sur l’échange de carbone radioactif entre les sapins de Douglas – conifères, et les bouleaux –
feuillus, via des réseaux mycorhiziens1 partagés. Plus précisément, son étude a révélé que les sapins
de Douglas partagent des nutriments – phosphore, carbone, nitrates – avec les bouleaux pendant
les saisons où leur imposante canopée empêche la lumière du soleil d’atteindre les bouleaux

1. Un réseau mycorhizien se forme lorsque les racines de deux plantes sont colonisées par un même champignon
mycorhizien et reliées entre elles. Ce phénomène affecte grandement la survie, la nutrition minérale et l’établissement
des plantes dans un écosystème.

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