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Galerie Ombres Blanches ACTIONS
Ils le font non comme motif ornemental, décorum en salon, ni comme métaphore de la vie
mortelle du memento mori ou les plaintes romantiques mais comme sujet, plein, comme un autre
vivant. Une preuve indirecte, les monstres – étonnantes créatures hybrides humain/animal, les
théranthropes deviennent des arbres aux gestuelles humaines. C’est l’option de The Day After It
All/Le lendemain de tout ça, Tommydobbela. cf. page 120.
Élargi, le film compose, fragmente.
Le cinéma élargi est celui de l’ouverture des possibles cinématographiques en termes de médiums,
de technologies, de modes d’exposition et de diffusion de l’image en mouvement. Il ose le très
long plan fixe dont le mouvement interne vient du filmé, comme si un panoramique partait de
lui en un couplage appareil / phénomène naturel ; le tourné-monté, des jeux sur l’obturateur, le
ralenti, l’accéléré ; de telles options caractérisent le cinéma structurel des années 1960-1980.
Par ailleurs, le projet filmique est auto-réflexif, il documente sa propre fabrique, en mise en abyme
et application d’un système. Il implique la question sur le percevoir et le fait de filmer en même
temps, qu’il vise à laisser parler le monde : le naturel sur le celluloïd et le système instable du
support. Scott MacDonald approchait lui aussi la manière dont les images entraînent à percevoir
autrement, questionnant la façon dont dans la projection, elles représentent le monde de manière
« écopensée » ou non.
Questions de réception auxquelles nous sommes particulièrement vigilants à Traverse Vidéo,
programmant selon des modes différents une même œuvre, dans cette option.
Le cinéma s’élargit au moment où les rapports à la nature évoluent drastiquement en raison
de la crise écologique, entraînant une remise en question de la dichotomie nature-culture et
du privilège humain – ce primat de la pensée hérité de Descartes qui, avait, cependant subi un
premier décentrement dans les années 1940.
Un rappel, encore, le 1er sommet de l’ONU « Planète Terre » a lieu à Stockholm, en 1972. S’y suggéra
l’incidence des actions humaines sur un (alors) possible changement climatique.
Quant au Programme des Nations Unies par l’Environnement, lui organisé à Nairobi, au Kenya,
il s’inquiétait des ressources en eau et énergies renouvelables, des mammifères marins, de la
désertification, des forêts et posait un cadre juridique environnemental.
Ce cinéma élargi / écocinéma s’intéresse à la dimension « écologique » de la perception. Pris de
préoccupations très conscientes de l’état de la nature, il n’en néglige pas les inventions de formes
cinématographiques et son attention se partage entre la nature et le matériau cinématographique,
en mêlant étroitement préoccupations plastiques et désir d’approcher l’environnement naturel.
S’y s’espère un réenchantement du monde.
Le syntagme repris et modifié comme « expanded nature »/ nature élargie est décliné en divers
articles dans l’ouvrage éponyme de Elio Della Noce et Lucas Murari sur de nouvelles modalités
d’attention à la nature.
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