Page 44 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS Lycée Ozenne
Sandrine Deumier, DEEP-SKIN - à fleur de peau, 2025, 9’20 (FR/Occitanie)
DEEP-SKIN – à fleur de peau choisit le genre de
l’anticipation alors que deux figures engagées dans un
dialogue en ligne ont la possibilité d’explorer un nouveau
mode d’intimité où le toucher n’a plus de raison d’exister,
mais où d’autres modes de relation existent grâce à une
autre peau, plus à même de toucher émotionnellement
et psychologiquement l’esprit humain : une sorte de
peau encore plus tactile, connectée à des profondeurs
émotionnelles nouvelles.
Si les nouveaux modes de relations en ligne ouvrent une quasi-réelle intimité, que révèle cette
intimité aseptisée où les corps réels se transforment en corps-écrans ? Qu’est-ce qu’un sentiment
de distance zéro entre des corps qui n’ont plus d’existence ? Qu’est-ce qui est manquant dans ce
genre de relation et qu’est-ce qui est nouveau dans ce mode d’existence ?
La solitude des écrans menace-t-elle réellement nos vies réelles ? L’abandon du corps n’est-il pas
ce que l’humanité a longtemps toujours désiré ? Nos identités numériques lisses et filtrées ne
sont-elles pas le choix secret que nous avons fait ? Et si, au contraire, les identités numériques
permettaient d’imaginer de nouvelles manières de s’inventer des corps et d’explorer de nouvelles
manières d’être ?
Maria Korporal, Song of the Open Road, 2025, 8’38 (DE)
Song of the Open Road / Chant de la route ouverte
s’inspire du poème éponyme de Walt Whitman. Une figure
ailée – l’artiste elle-même – parcourt une minuscule planète,
tandis que des fragments de vers de Whitman apparaissent
au sol et dérivent dans le ciel.
Des dessins au fusain émergent des transformations
progressives : les lignes s’animent, se condensent en
planètes, se dissolvent à nouveau en visages, êtres hybrides
et spirales de figures interconnectées. Par le jeu des
techniques numériques 2D et 3D et de la vidéo à 360°,
une métamorphose continue se déploie, reflétant à la fois l’aspiration humaine à la liberté et
l’expérience des limites.
Ces transformations incessantes font écho à notre époque : menaces et crises qui perturbent des
horizons en apparence sûrs, mais aussi moments inattendus de beauté, d’espoir et de solidarité.
Le ciel apparaît non seulement comme un espace d’immensité et de transcendance, mais aussi
comme une surface de projection pour nos peurs, nos désirs et notre besoin humain de connexion.
Ainsi, une vision de solidarité et de fraternité se dessine – un voyage partagé sur la route ouverte
de la vie.
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