Page 43 - Catalogue 2026
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Lycée Ozenne  PROJECTIONS

L’artiste se souvient : « À 10 ou 12 ans, j’étais en vacances avec ma grand-mère. En revenant d’une
promenade, juste derrière la maison, à environ 10 mètres, j’ai remarqué une lueur inhabituelle. Un
bruit accompagnait cette lueur.
Après avoir observé ce miracle pendant un moment, je suis allé dans la maison pour appeler ma
grand-mère et partager avec elle ce que j’avais vu. Mais lorsque nous sommes sortis, l’extérieur
était déjà calme et paisible. Tout cela s’est passé un soir d’août, à la campagne, près de la rivière.
J’ai opté pour un dessin dans un style primitif, évoquant les pétroglyphes – peintures rupestres
– et la manière obscure dont les peuples anciens signifiaient des événements sur les parois
des cavernes, ce qui est lié à l’hypothèse pseudo-scientifique du paléocontact – celui des
paléonautiques, anciens astronautes – dans laquelle je me suis plongé. »

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Théophile Farant & Adrien Blanchard, Samedi 15 - Dimanche 16,
2025, 10’18 (FR)

       Un groupe d’amis passent ensemble la journée du
samedi 15 mars 2025 au dimanche 16, mais cela aurait pu tout
aussi bien être le mercredi 18 ou le vendredi 7 d’un autre mois
d’une autre année. La banalité fait se ressembler les jours
et endort l’attention. Mais sous l’évidence de la familiarité
se dissimule une inquiétante étrangeté – celle évoquée par
Freud – et qui s’éclaire d’un jour nouveau avec l’IA générative
et sa « vallée de l’étrange »…

À première vue, rien de remarquable : un jour passe comme
les autres. Cependant, cette apparente simplicité, cette familiarité troublante l'est grâce à l’IA
générative. Sous cet écho particulier de « l’inquiétant familier » de Freud – uncanny en anglais
– sourd le caractère acquis de la vie quotidienne. Derrière l’évidence du quotidien, se cachent
l’arbitraire et l’étrange. En exploitant à outrance le banal, Samedi 15 – Dimanche 16 encourage
à regarder le monde sous un prisme nouveau. Ce qui semble d’abord trivial ou prévisible révèle
lentement son mystère tranquille.
L’IA porte le film : 95 % des vidéos qui le composent ont été générées par IA à partir de photographies
prises au cours de cette journée du samedi 15 mars, créant ainsi une sorte de pixilation continue.
Ce processus a donné vie à l’ordinaire d’une manière troublante, évoquant l’effet psychologique
de la « vallée de l’étrange » : plus un humain numérique ressemble à une personne réelle, plus
l’expérience du spectateur est effrayante...
Il en résulte une tension entre l’immobilité et le mouvement, la présence et l’absence, qui fait écho
à la question centrale du film, à savoir ce qui se cache sous la surface du quotidien. En animant
le banal par des moyens artificiels, il cherche à réactualiser le concept d’étrangeté de Freud, tout
en faisant un geste vers la perturbation de notre sens de la réalité par l’IA : ce que nous voyons
est-il réel, une apparence ou quelque chose d’autre ? La technologie ne devient pas seulement
un outil, mais une couche thématique – approfondissant l’exploration de l’étrangeté familière à la
fois dans le contenu et dans la forme.

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