Page 46 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  Lycée Ozenne

   Fran Orallo, zoo, 2025, 4’35 (GB-SCT)

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                                                      la cohorte de mots le prenant comme base sémantique,
                                                      comme zoologue ou zoologie ou zoo.
                                                      Zoo à épeler à la manière de Greenaway : A Zed and Two
                                                      Noughts (Z.O.O), alors Z est la femme et les deux 0, les
                                                      jumeaux Oliver et Oswald, directeur du zoo dont s’est
                                                      échappé un cygne provoquant un accident de la route
                                                      et la mort des deux épouses. Le film se déroule en huit
                                                      parties selon les étapes de l’évolution selon Darwin que le
   réalisateur juge aussi conventionnel que tout ordre. Les deux frères réagissent différemment l’un
   en photographiant des corps animaux en putréfaction, l’autre en libérant les animaux vivants, ainsi
   les escargots deviennent-ils invasifs dans la luxuriance des images et le baroque de Greenaway.
   zoo à la manière de Fran Orallo, en dystopie voire post-dystopie quand l’humain a disparu ou
   n’est plus qu’un théranthrope, à savoir un être hybride humain-animal – « théra » étant un autre
   étymon grec pour l’animal sauvage, non domestiqué ; non pas deux êtres simplement reliés mais
   un être mêlé, avec de possibles translations entre les vivants.
   Cependant, la bipédie n’y est pas le seul modèle ; de nombreux êtres sont animal-animal, des
   zoomorphes compliqués de deux espèces, non pas dans un jeu de ressemblance ou d’une
   caractéristique comme le chat-huant ou le poisson-chat mais parce que la créature se compose
   des éléments de deux. Cheval-éléphant, cheval-vache, vache-crocodile rampant, antilope-léopard,
   girafe-rhinocéros, cerf à bosse de chameau, cygne-coq, biche composite diverse mêlée au tigre
   et d’autres encore, attestent de ces changements hors des lois et de l’évolution et des nécessités
   pour chaque espèce, qui est là, posée, dans le monde. Pour d’autres étrangetés, l’homme dans
   l’ampoule, le lapin fluo dans la maison dévastée indices de la « faute » humaine.
   Parfois la proie et le prédateur s’assemblent ; parfois l’éloignement d’habitat ou la taille de chacun
   n’empêche pas l’assemblage poisson-truie dans l’eau. Parfois l’animal est déformé, en échos de
   ceux survivants après des catastrophes, comme le cochon à cinq pattes avec talons hauts ou bien
   viennent des films d’horreur avec sauriens préhistoriques aux dents acérées y compris sur corps
   de baleine. L’effrayant et le « sympathique » s’assimilent.
   Le monde a perdu ou changé ses couleurs « naturelles » pour le fluo ou la saturation. L’arbre est
   bleu, le paysage gris, le ciel en bandes différentes et changeantes car la distorsion opère aussi
   dans la « nature », qui cumule mer de sable, nuage envahissant, tempête et feu sur la barque avec
   girafe – lointain écho d’une œuvre surréaliste mêlée aux distorsions du numérique.
   Ainsi l’homme a perdu, est perdu... L’animal modifié est tout aussi seul. Les conséquences d’un
   passé inconscient des actions sur le monde l’ont dévasté : solitude des paysages avec monstres-
   animaux.
   Ainsi très loin des théranthropes grecs comme le Centaure capable d’être l’éducateur du jeune
   Grec, très loin des théranthropes du Paléolithique, représentation peu fréquente mais précoce,
   contemporaine des premières figurations – pour l’heure du moins – et dès lors, d’autant plus
   signifiante du rapport au monde de Sapiens, vivant parmi les vivants, dans une fluidité entre les
   espèces ; cependant la néolithisation place l’homme au centre du monde et de la représentation,

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