Page 127 - Catalogue 2026
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Centre Culturel Bellegarde  PROJECTIONS

Angelik Ustymenko, Trees that come to me in my dreams, 2025, 4’08 (UA)

       On se sent chez soi là où les arbres sont précieux.
Pour certains, ces arbres sont de vieux amis quand d’autres
sont prêts à les brûler pour conquérir la terre sur laquelle ils
poussent.

cf. un texte, page 283

Julie Tremble, La catastrophe ultraviolette, 2025, 15’ (CA)

       Le syntagme « catastrophe de l‘ultraviolet » renvoie,
d’abord, au domaine de la physique classique lorsqu’elle
pensait pouvoir appliquer à l’analyse de la lumière, les
mêmes concepts que ceux appliqués, à travers la notion
d’oscillateur, aux objets macroscopiques et dont les
prévisions divergeaient de la réalité physique de la lumière.
En prolongeant cette théorie, toutes les ondes auraient
basculé dans l’ultraviolet, rendant un corps invisible1.
Planck y a répondu, en 1900 par ce qui parut, alors, comme
un artifice théorique afin de donner des équations conformes à la réalité : l’énergie des ondes
n’est ni continue ni infiniment divisible mais granulaire : elle varie par quanta, par paquet2. Ainsi
la physique quantique, notre technologie quotidienne de l’informatique au moindre dispositif
numérique jusqu’à nos smartphones, sont issus de ce qui avait été, alors, considéré comme une
astuce surajoutée.
Cependant si la réalité avait répondu à la physique classique, la catastrophe serait advenue dans le
réel3. Un corps, en émanant une infinité d’ondes infiniment courtes, aurait dégagé une intensité si
terrible qu’elle aurait volatilisé tout ce qui se trouvait alentour, c’est la conséquence de l’ultraviolet.

1. Selon la théorie, à une température donnée, l’énergie d’un corps chaud étant continue, et infiniment divisible,
les ondes pouvaient devenir de plus en plus courtes. Ce qui aurait rendu le corps qui émet cette lumière invisible
puisque l’œil humain ne sait plus capter des ondes en-deça d’une certaine longueur d’onde. En effet ce qui est traduit
en couleurs par l’œil répond à un panel de longueurs d’onde situées entre 380 et 700 nanomètres. Les ondes en
devenant plus courtes vont du violet à l’ultraviolet et deviennent imperceptibles.
2. Les ondes devenant de plus en plus courtes, le nombre de quanta devient de plus en plus élevé et l’énergie pour les
produire devenant de plus en plus importante, ces ondes deviennent de plus en plus rares, passent par un maximum,
puis décroissent très rapidement et ne sont plus produites, ce qui permet aux autres fréquences, celles du visible
d’apparaître et d’être aussi perceptibles pour un œil humain.
3. En effet si on développait les équations de la physique classique en considérant que l’énergie d’un corps était
infiniment divisible, cela laissait la possibilité aux ondes de devenir de plus en plus courtes en concentrant plus de
fréquence dans une période donnée. Simultanément pour cette même physique chaque fréquence (ou oscillation
par seconde) avait une intensité I fixe. Ainsi plus les ondes sont courtes plus elles dégagent d’intensité à proportion de
leur concentration en fréquence. Les concentrations pouvant être illimitées, les ondes pouvant être de plus en plus
courtes, la quantité d’ondes courtes aurait pu croître vers l’infini. Ce qui aurait signifié une intensité infinie puisque
dans la théorie, chaque fréquence avait une intensité, elle, fixe.

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