Page 122 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  Centre Culturel Bellegarde

Valeria Barbas & Gregor Stockmann, Distances Collaboratives,
2024, 4’16 (MD / FR / DE)

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                                                  qui devient le modèle de la possible relation d’êtres éloignés.
                                                  L’arbre jumeau, aux doubles troncs, aux doubles frondaisons.
                                                  Des troncs, des pierres surgissent des ondulations
                                                  tentaculaires mais non effrayantes, plutôt comme les longs
                                                  cheveux grâce auxquels la princesse s’enfuit de sa tour-prison
                                                  ou fait grimper son amoureux. Vie et désir. Se rapprocher.
                                                  Cependant le chemin est à gagner, à « construire » à travers
forêts, suivant des sentes pierreuses alors deux silhouettes humaines naïvement inachevées se
parlent, l’une tentant de dépasser la limite des deux plans en miroir. Fuyant à travers champ comme
un long serpent agile. Les lieux diffèrent, appréhendés en travelling quand le plan d’ensemble
n’ouvre pas les possibilités de mouvement. L’activité les superpose, plus ou moins transparents en
vitesse allant jusqu’au flicker. La mèche se fait multiple sur l’amas de branches, étrange cabane.
Elle fuse ailleurs. Cela vit, animé sans crainte du pourrissement alors, en écho d'une Nature morte,
la pomme s’abîme, attirant l’abeille.
L’humain n’est pas exclu. Là, ils jouent à deux dans l’eau d’une rivière accueillante et ensoleillée ;
là, une assiette ayant servi est entourée de deux mains dessinées, là, la silhouette se détache sur la
fenêtre fermée et la voix suit cette recherche de communication de loin. Et par la forêt.

L’artiste dit :
« La distance peut être différente. Et la tienne, comment est-elle ? serait la question posée dans cette
exploration de la distance à travers différentes dimensions de perception et de compréhension.
Valeria et Gregor, séparés par des frontières – géographiques ou physiques – partagent leur
expérience de la distance par des rencontres forestières : Gregor depuis une forêt de Bavière, en
Allemagne, et Valeria depuis la forêt voisine de son appartement à Chișinău, en Moldavie.
La forêt s'y envisage comme un lieu où explorer la nature et l’interconnexion, mais aussi comme
un espace où chercher un chemin au-delà des traumatismes, de la dépression et de la solitude.
Pensées, sons et forêts s’entrelacent, puisque les deux personnes sont reliées par la forêt comme
connecteur, lien vivant qui rend les distances collaboratives.
À l’ère technologique, jusqu’où peut-on être proches sans contact physique ? »

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