Page 124 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS Centre Culturel Bellegarde
Tamara Laï, Wild Flower / Fleur Sauvage, 2025, 1’42 (BE)
Être emportés par la fougue de fleurs, par leur odeur-
couleur
Succomber au plaisir premier sans quête autre que ce temps
plein.
S’enivrer du voir haptique.
Et percevoir le renversement des codes et le glissement
des sens : les fleurs dites sauvages sont celles connues de
nos champs, marguerites nombreuses et rare chardon. Le
sauvage vient du souffle fort du vent, près de la tempête,
du tumulte de l’eau qui jamais n’advient dans le champ et
de l’agentivité des plantes investissant le champ filmique,
virevoltant, se superposant, planant, revenant encore en vagues nombreuses et dans toutes les
directions.
Toutes ont gagné un léger fushia, parfois une touche de jaune, impromptu un trait de vert comme
un tableau animé sans limite de cadre.
Et autre décalage, une voix féminine fredonne un « la, la, la » heureux sans crainte de la tourmente
et encore un poème qu’elle écrivit en 1991, Art autiste en Tour d’Ivoire qui pris dans le tournoiement,
n’entraîne pas dans l’arrêt pensif. Le lire cependant et se laisser emporter par la folie florale
« Plusieurs nuits qu'il s'agite dans cette poche moitié-chair moitié infini qui le porte. Dedans, un
magma de vapeurs enveloppantes, presque irritantes de plaisir (...) »
Le sauvage affiche le refus d’un modèle préconçu, cet éclatement de la montée florale en un ciel
resplendissant, Tamara Laï lui rend son espace loin de tout herbier. Aussi se souvenir d’une autre
invitation textuelle de l’artiste « Et si l’on sublimait ».
Simone Dompeyre
Félix Caraballo, Anomalies dans le paysage, 2025, 7’38 (CA)
Marégraphie suspendue, le titre dont l’épithète tout
aussitôt annule ce qui s’annoncerait : la mesure du niveau
de la mer ou des fleuves, plus que le film qui s'en intitule en
suit les anomalies auditives, précédant très logiquement
Anomalies dans le paysage de Félix Caraballo qui avait
aussi précédemment ôté à la montagne son sommet / La
Montagne sans sommet.
Félix Caraballo annule, en effet, le déterminé, la durée
comme l’endroit, il recherche ce que l’on ne voit plus, pris
dans des obligations sociales au détriment du rapport au
monde tel qu’il est encore en divers espaces.
Il quête et guette les espaces encore intacts ou encore
sauvables.
Ainsi qu’un botaniste, il cherche mais ne cueille qu’en images ou parce qu’il produit sans chimie,
en gestes retrouvés, de l’écocinéma de quoi développer les films précisément de ces lieux-là avec
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