Page 134 - Catalogue 2026
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PROJECTIONS  Les Abattoirs

   Giulia Magno, Bubble Bath, 2025, 3’30 (IT)

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                                                      quand le bain est dit moussant et qu’il s’avère bain
                                                      cinématographique et mode d’emploi pour aborder
                                                      l’expérimental voire tout film.
                                                      3'30, 143 plans de films, éventail des plus larges en dates
                                                      de 1920 à 2023 d’avant le parlant au film de l’année de ce
                                                      film footage, amoureux du film, en genre du comique à la
   romance, du western à la SF, des divers ordres de la comédie, du film « historique » du péplum au
   portrait d’une reine en adolescente gâtée, du film avec des animaux, avec des gangsters, avec des
   espions, des films d’horreur plus ou moins sanguinolent, des thriller, des drames de la jalousie, de
   l’amour déçu et des amours partagées, sensuelles, amusées et une seule animation japonaise...
   des films couvrant le globe terrestre.
   Et des noms s’imposant par ces plans « punctum », mémoriels, métonymiques du film originel de
   Godard, Bergman, Visconti, Malle, Kubrick et Keaton et de Clouzot, Spielberg, et Preminger et
   Terence Young et Schlesinger et Brian de Palma et plus de cent autres.
   Et en incipit, deux plans face à face – puisque le screensplit se joue en duo de photogrammes,
   se succédant en rapide lancer malgré la Gymnopédie No.1 d'Erik Satie, version piano sans voix,
   en début en sourdine adoucissant la mélodie puis avec ses graves, en tonalité plus ombre et ses
   lancers en rappel, quatre mesures réitérées ainsi que se reprend en chaque plan, le motif de la
   baignoire qui les a fait convoquer par Giulia Magno.
   Et ce jusqu’au gros plan de robinet simple mais ouvert, alors que le bruit de l’eau débute et couvre
   le générique citant tous les films empruntés et le fracas d’une baignoire tombant du plafond pour
   se briser en chute filmique.
   Quant à l’incipit, en clin d’œil à la peinture par la posture de la femme à gauche, bras dépassant
   de la cuve et tubes de médicaments éparpillés au sol et surtout à gauche, l’homme affalé ainsi que
   le Marat assassiné de David.
   Ainsi l’amateur de films de fiction et de jeux dits cinéphiles où il s’agit de réciter qui joue avec
   qui, qui dirige, la date, le titre, alors le premier qui lance c’est Le Mépris ou Le Guépard ou Barry
   Lindon ou La Maison démontable ou Sept ans de Réflexion, ou Shining ou Scarface ou Laura ou
   Cléopâtre ou Le Silence et les autres.
   Cela n’est pas notre jeu d’autant que l’expérimental n’applaudit pas à la star.
   Dès lors, le jeu serait-il d’enquêter sur les manières de baignoire comme indices des projets, comme
   topos de genre, comme marque indicielle de style et d’écriture... On en resterait au N.R.I1 quand
   l’expérimental ne vise pas à raconter des histoires même si des manières d’écriture distingue les
   expérimentaux.
   Et dès lors, l’analyse se ferait historique – notant les anachronismes de la baignoire de Marie-
   Antoinette de Coppola fort différente de celle conservée à Versailles – traversant les époques,
   baignoire sabot plus ou moins décorée avec fleurs et angelots, vagues ou dauphins, marbre noir

    1. N.R.I : Narratif-Représentatif-Industriel, formulé en 1976 par Claudine Eizykman dans La jouissance-cinéma, critique
    du cinéma uniformisé par le système standardisé des sociétés de production

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