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PROJECTIONS  Séances Spéciales

   Nathalie Vannereau, Volodarka, 2012, 80' (FR)

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                                                      même en enfer»

                                                             Volodarka, le vocable chante, ses sonorités mènent
                                                      ailleurs… d’autant que peu savent situer ce village qu’un
                                                      exergue discret en minuscules précise à « 35km de Tchernobyl
                                                      » à la limite des habitats permis, et dont ne s’apprend qu’en
                                                      toute fin, que ses 420 villageois espèrent une nouvelle
                                                      classification afin de bénéficier de l’aide gouvernementale
   les ayant jugés indemnes, le nuage toxique les ayant épargnés.
   « C’est où là? » La question du lieu est aussi d’emblée, prise par la voix d’enfant, souvent iconogène,
   qui participe au tissage du film, et dont on apprend, de même, en fils lancés, qu’elle est liée à la
   réalisatrice – elle s’adresse à « maman », s’interroge sur le lieu de naissance qui aurait pu ne pas
   être Périgueux, elle dit avoir sept ans, elle se rend indispensable à cette rencontre d’affectivité.
   Bien plus, elle glose subtilement ce qui a lieu par ce discours, ce qui n’atteint pas l’espace de la
   parole échangée en cet espace marqué, comme « Volodarka », elle chante le « la », la tonalité du
   film. Plus tard, elle le dira « pays très, très proche » après cette séance d’amitié, comme le petit
   prince s’approchant du renard.
   Ses paroles sont partie intégrante du fil du film, qui, loin de chiffres, d’interviews, ne renseigne
   qu’au détour d’une discussion, glissant les quelques informations comme autant de paroles
   échangées entre soi. Ces informations qui ne sont jamais clamées, se tissent au détour des
   gestes des « travaux et des jours », durant la préparation des repas pour les animaux ou celui
   de la convivialité avec la réalisatrice, préparé pour le couple aux gestes tendres, Viera et Vassili,
   leurs invités, l’arrière-grand-mère et le petit fils, l’accordéoniste, la traductrice, la femme à la
   caméra qui jamais n’usurpe un pouvoir, qui se fait témoin, miroir sans tain, discret, sans tenter de
   dévier leur parole, leur façon d’être. Chez eux, elle sait attirer le non-dit et très précieusement,
   les écoute parler même si eux savent qu’ils s’adressent à une bienveillante et racontent leurs
   faits, leur histoire amoureuse depuis 1986 – allusion à la catastrophe – longue et vive, lui, envoyé
   comme « réserviste » après la catastrophe – mot rarement employé – elle, mère de trois enfants,
   peu désirée par sa famille à lui.
   Ils sont ; elle nourrit les poules, le cochon, n’hésitant pas à plonger ses mains dans la mixture,
   prépare une soupe pour le chat, marche dans le jardin et prépare la table ou elle-même, peignant
   ses longs cheveux, se lavant le visage à même une simple bassine. Lui en gestes plus restreints,
   la «couve » du regard, sourit, et danse et rarement ose exprimer sa rancune de n’avoir pas été
   reconnu comme liquidateur. Gestes du quotidien en leur temps nécessaire, sa danse est au ralenti,
   en légère superposition, son chant à elle devient accompagnement des filages sur la campagne
   ou amorce de la fête au village. Le regard n’est pas d’exhaustivité y compris celui de l’avancée des
   poules en gros plans. Jamais du trop.
   Dans le filigrane, deux rares fois sont épinglés, d’abord Olga, puis à voix plus basse, le gouvernement.
   La première propriétaire de la maison, vétuste, ancienne est dite coupable de s’être fait attribuer
   une pension pourtant dédiée aux liquidateurs, ce qu’elle n’a pas été, alors que Vassili lui ne reçoit
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