Page 169 - Catalogue 2026
P. 169

Chapelle des Cordeliers  INSTALLATIONS

Véronique Brill, Les traces du temps et les ivresses, 2026 (FR - Toulouse)

       Au gré de mes hasards, au gré de mes contraintes, mon inspiration vient. Parfois pour du
land art, parfois pour la photo, quelquefois pour une performance. Pour simplement la beauté,
pour dénoncer, pour raconter, pour sublimer et pour calmer la douleur, pour le sens, pour rien ou
pour tout à la fois. Je crée parce que cela me vient, parce que je n’ai pas les mots, parce que je suis
comme ça ! Ne me demandez pas de vous donner tous les mots clés. Moi, je ne suis qu’une artiste.
Là où matériel et immatériel se rencontrent, se joue une danse des concepts d'immanence et
d'im'manence. L’immanence, telle une présence continue, évoque la stabilité et la permanence.
Elle est le socle sur lequel reposent les souvenirs, ces traces du temps. En revanche, l'im'manence
se manifeste comme des reflets, insaisissables et éphémères comme l’ivresse. Elle symbolise la
nature changeante et fugace des choses, rappelant que tout est en perpétuelle transformation.
Qui dit-vin affronte le divin. Baudelaire n’écrit-il pas : « Dieu mystérieux caché dans les fibres de
la vigne. Qu’ils sont grands les spectacles du vin illuminés par le soleil intérieur ». Des fibres de la
vigne à celles du chêne des tonneaux, des cristaux christiques tapissant les douelles, ce sont ces
féeries, ces trésors d'ivresses, que je libère et révèle.
Dans cette installation, le dialogue entre matériel et im'matériel s’engage, révélant la danse
subtile entre le tangible et l'éphémère. Les
douelles, témoins silencieux d'un passé
riche en arômes et en histoires, se dressent
comme des gardiennes d'un temps révolu,
tandis que les cristaux scintillent à la lumière,
évoquant des traces d'ivresse partagée.

                                        Véronique Brill

                                        169
   164   165   166   167   168   169   170   171   172   173   174