Page 173 - Catalogue 2026
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Chapelle des Cordeliers  INSTALLATIONS

La position, la floraison sans fin et renaissante, le visage type font signe – mais de travers – vers
les contes et les légendes dont l’artiste se souvient, ceux de ses origines polonaises où la femme
comme jeune pure naïve emblématique court dans les champs ; nymphe auprès de l’eau, les grands
lacs, dans les bois, dans les nuées ; fée aux vœux heureux lors des naissances et des apprentissages
ou en image renversée, fille, fille de mauvaise vie voire sorcière dangereuse, maudite et malmenée.
Elle les renverse.
Jeunes filles des lieux sauvages, elles ont hérité des déesses grecques mais en poursuivant la lignée,
leur modèle en fleurs est devenu sujet d’œuvres littéraires comme chorégraphiques. Le sous-titre
du ballet Giselle ou Les Willis l’atteste mais la fait mourir d’amour. Le librettiste avait puisé dans
De l’Allemagne de Heine, édité en 1835, qui fait poursuivre leur fiancé pour qu’il les rejoigne dans
la mort, par la jeune fiancée défunte mi-nymphe, mi-vampire.
Cependant, les fleurs même hors du vase, qui chute, ne sont pas si sauvages mais dignes d’un
fleuriste exigeant. Les couleurs font tableau plus que lieu champêtre ou forestier. Les animaux
exotiques ou marqueurs de genre pictural échappent à la simple nature.
Et les jeunes femmes faisant éclater la bulle, se jouant de l’équilibre si elles gardent la chevelure
slave et les fleurs pour coiffure, en femme plus libre, se font des niches, ne craignent pas le
déséquilibre et affichent un sourire plus vainqueur que soumis.
Elles attirent en beauté et cela est désormais leur nom et leur rôle y compris en installation que
l’on a du mal à quitter : pour ces « beaux yeux, tu sais ».

                                                                                                          Simone Dompeyre

Gabriele Rossi, Paysages intérieurs, 2025 (FR)

« La nature n’est pas uniquement ce qui est visible à l’œil
– c’est aussi les images que l’âme s’en est faite »
– Edvard Munch

       J’ai développé une pratique analogique qui se fonde
sur la pellicule ancienne.
Au départ, c’est mon intérêt pour la plasticité et le
pictural qui m’a entraîné vers ces vieilles pellicules dont
je quêtais les imperfections, les craquelures, l’instabilité,
et sa vibration, plus mystérieuse tranche avec la netteté
du numérique.
En impressionnant ces pellicules magiques, au pouvoir
presque divinatoire, je cherche le revers négatif du réel.

Un texte accompagne la programmation de Paysages Intérieurs, cf. page 27.

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